Des leaders de la coalition face à la presse

A défaut de mobiliser ses militants dans les rues, l’opposition opte pour une opération « Togo Mort »

La coalition de l’opposition change de stratégie, ne serait-ce peut-être que pour un temps. A défaut de manifester suivant ses propres itinéraires, elle opte pour une opération « Togo Mort » le 18 juin prochain. Information confirmée ce lundi par les leaders de ce regroupement de partis qui étaient face à la presse à Lomé.

« Nous estimons que si le pouvoir utilise la répression pour empêcher les gens d’aller dans la rue pour manifester, nous pouvons au moins les amener à rester chez eux  pour protester contre ces violences, rafles et arrestations gratuites que le pouvoir exerce sur les populations », a expliqué Me Paul Dodji Apévon, président des FDR, parti membre de la coalition.

Depuis un temps en effet, l’opposition peine à manifester suivant ses propres itinéraires. Les tentatives se sont soldées par un échec avec dans certains cas, des courses poursuites et autres affrontements entre manifestants et forces de l’ordre notamment dans les rues de Lomé.

Ce lundi, les responsables de la coalition des 14 partis politiques ont exhorté les populations à « consentir ce sacrifice d’une journée ‘Togo Mort’ » le lundi 18 juin 2018, sur toute l’étendu du territoire national pour « exprimer leurs désaccords face à la répression systématique de l’exercice du droit de manifester ».

L’objectif de l’opération « Togo Mort », c’est également pour exiger : la libération des personnes encore détenues dans le cadre des manifestations, l’arrêt des entraves au droit constitutionnel de manifester, le retour à la Constitution originelle de 1992, le « déverrouillage des institutions de la République », la mise en place d’une Transition, l’instauration du droit de vote de des togolais de l’étranger, et la révision du cadre électoral entre autres.

La coalition également a saisi l’occasion pour dresser le bilan  des manifestations des 06, 07 et 09 juin derniers. Selon elle, seules les populations des villes de Kpalimé, d’Anié, de Tchamba et d’Atakpamé ont pu manifester, les autres villes ayant été empêchées par les Préfets. « Au niveau de la diaspora, les manifestations de rue ont eu lieu au Nigeria, à Paris en France, à Hambourg et Munich en Allemagne », ont-ils précisé.

Il faut rappeler que le Togo est plongé depuis août 2017 dans une crise sociopolitique avec des séries de manifestations de la coalition de l’opposition qui exige des réformes politiques, institutionnelles et constitutionnelles. Le dialogue politique inter-togolais devant permettre de résoudre la crise est suspendu depuis le 23 Mars dernier. Les tractations sont actuellement en cours par les facilitateurs notamment les Présidents ghanéen Nana Akufo-Addo et guinéen Alpha Condé, aidés par la Commission de la CEDEAO pour une reprise des pourparlers.

David