La coalition de l’opposition répond au discours de Faure Gnassingbé

La coalition de l’opposition répond au discours de Faure Gnassingbé

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Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition
Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition
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Les intentions de Faure Gnassingbé exprimées dans son discours du 27 avril dernier au sujet du dialogue politique et surtout du calendrier électoral de 2018 font réagir la coalition des 14 partis de l’opposition. Pour Jean Pierre Fabre, leader de l’ANC (parti membre de la coalition) et chef de file de l’opposition, les affirmations du Président de la République sont contradictoires et vont à l’encontre des négociations en cours.

« D’abord, le chef de l’Etat se dit favorable à la poursuite du dialogue. Ensuite, il prétend que les délais légaux seront tenus, s’agissant des élections. Pour moi, ces affirmations sont contradictoires parce que la question des délais légaux, s’agissant des élections, ne se pose pas », a-t-il estimé au micro de nos confrères de la RFI.

Selon le Président de l’Alliance Nationale pour le Changement, avec l’entrée en dialogue, le règlement de la crise togolaise échappe à l’application de la Constitution et des lois.

« C’est évident. Le règlement de la crise a lieu désormais, en principe, dans le cadre du dialogue que Monsieur Faure Gnassingbé s’est trouvé contraint lui-même d’appeler. Pendant le déroulement du dialogue, les délais électoraux n’existent plus. Le pouvoir en place ne peut pas avoir le beurre – c’est-à-dire le dialogue – et l’argent du beurre, c’est-à-dire la fixation des dates des élections. Ce n’est pas possible », a fait savoir Jean-Pierre Fabre.

Pour Nathaniel Olympio, Président par intérim du parti des Togolais, formation politique également membre de la coalition de l’opposition, « à partir du moment où le chef de l’Etat s’accroche à respecter le délai constitutionnel, c’est-à-dire à organiser des élections au mois de juin-juillet de cette année, on comprend aisément que toute la revendication qui consiste à revoir le cadre électoral sont des choses qui ne le préoccupent pas. Il veut passer outre. Il veut organiser des élections dans des conditions opaques pour, encore, avoir des fraudes qui leur permettront d’avoir une mainmise sur l’exécutif et sur le législatif ».

« Ce fonctionnement-là est inacceptable et c’est pour cela que nous demandons aujourd’hui que l’on puisse, à tête reposée, revoir le cadre électoral, revoir la manière dont les institutions vont interférer dans le processus électora », a ajouté Nathaniel Olympio toujours au micro de la RFI.

Dans son discours à la nation le 27 avril 2018 à l’occasion de la célébration du 58è anniversaire de l’indépendance du Togo, Faure Gnassingbé avait en effet souligné que le calendrier électoral de cette année 2018 sera tenu.

« La voie démocratique que nous avons choisie implique que la parole soit donnée régulièrement aux électeurs à travers des consultations et scrutins, pour qu’ils expriment les choix conformes à leurs aspirations. Nous ne nous en écarterons pas ; Car toute autre option reviendrait à méconnaître la sagesse de notre peuple et l’intelligence de nos concitoyens. Le point de vue de chaque togolais est important. Aussi, les rendez-vous retenus par le calendrier électoral cette année seront-ils tenus », avait en effet déclaré le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé dans son discours.

Alors que le dialogue politique demeure suspendu depuis le 23 Mars dernier, le climat sociopolitique ne cesse de se détériorer davantage. La tension reste tendu entre le pouvoir et l’opposition qui sont toujours à couteaux tirés notamment au sujet des manifestations que tente depuis un certains temps d’organiser la coalition des 14 partis de l’opposition afin de maintenir la pression  sur le régime en place.

Il faut rappeler que les exigences de la Coalition de l’opposition n’ont pas varié à savoir le retour à la Constitution originelle de 1992, le droit de vote de la diaspora, la révision du cadre électoral, les réformes institutionnelles et la libération des prisonniers politiques entre autres.

David S.