Crise politique : Vers une nouvelle semaine de tension au Togo ?

Crise politique : Vers une nouvelle semaine de tension au Togo ?

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Les forces de l’ordre encadrant une manifestation de l’opposition à Lomé (archives)
Les forces de l’ordre encadrant une manifestation de l’opposition à Lomé (archives)
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Le climat sociopolitique risque de se détériorer davantage au cours de cette nouvelle semaine qui démarre au Togo. Un nouveau bras de fer se dessine en effet entre le Gouvernement et la coalition des 14 partis de l’opposition au sujet des manifestations que prévoie organiser la coalition les 11, 12 et 14 avril prochains.

Pour le gouvernement, il n’est pas question que ces manifestations se tiennent. Le Ministre Payadowa Boukpessi en charge de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales l’a clairement signifié dans un courrier adressé aux responsables de la coalition de l’opposition. L’autorité publique explique que la suspension des manifestations, décidée par les parties au dialogue inter-togolais en cours, doit être respectée.

« Toutes les parties prenantes au dialogue doivent respecter les recommandations du facilitateur en ce qui concerne la suspension des manifestations durant le dialogue. En conséquence, le gouvernement ne peut donc pas se rendre complice de la violation des recommandations du facilitateur en laissant les manifestations, objet de votre lettre, se faire », a indiqué le ministre Payadowa Boukpessi dans son courrier adressé à la Coalition de l’opposition.

L’opposition de son côté, maintient ces manifestations estimant que la correspondance du Ministre Boukpessi n’a aucune valeur et est « nulle et de nul effet ». « Le ministre Boukpessi n’a aucun droit d’interdire une manifestation ; Nous maintenons notre manifestation », a indiqué Nathaniel Olympio, Président par intérim du Parti des Togolais (parti membre de la coalition de l’opposition) dans une émission sur une radio de la place.

« Je ne sais pas en vertu de quel pouvoir, le ministre peut se targuer d’adresser une correspondance interdisant une manifestation (…) ; La constitution actuelle, même malmenée, donne le droit aux citoyens de manifester », a-t-il ajouté.

La Coalition de l’opposition persiste dans l’organisation de ces nouvelles manifestations dénommées « grandes marches de ras-le-bol et de mise en demeure » pour exprimer son mécontentement face au « refus » du régime de Faure Gnassingbé de « respecter ses engagements pris en présence du Facilitateur, notamment la mise en œuvre des mesures d’apaisement, l’arrêt des préparations unilatérales de consultations électorales ainsi que l’arrêt des persécutions, arrestations, poursuites à l’encontre des militants et dirigeants des partis politiques de l’opposition et de la Société civile ».

David