Démarrage ce jeudi des 2ème Journées de Santé de l’Enfant au Togo

Démarrage ce jeudi des 2ème Journées de Santé de l’Enfant au Togo

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Démarrage des Journées de Santé de l’Enfant au Togo
Démarrage des Journées de Santé de l’Enfant au Togo
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Après les leçons apprises de la phase pilote en juillet 2016 dans les régions des savanes et de la Kara et vu les résultats satisfaisants, le Togo a décidé de porter à l’échelle nationale, les Journées de Santé de l’Enfant (JSE) qui démarrent ce jeudi 23 février pour une période de quatre jours. Des journées au cours desquelles il sera administré aux enfants et aux femmes enceintes, un paquet de services préventifs et promotionnels intégrés devant les protéger contre certaines maladies évitables par la vaccination pour une amélioration de l’impact du programme élargi de vaccination de routine. Une contribution à la réduction de la morbidité et de la mortalité infanto juvénile au Togo.

Cette nouvelle campagne lancée ce mercredi par le Ministre Moustafa MIJIYAWA en charge de la santé et de la protection sociale, est particulièrement soutenue par l’UNICEF à hauteur de 249.000.000 F CFA grâce à l’appui financier du gouvernement canadien. Elle permettra d’offrir gratuitement un total de quatre interventions : l’administration de la vitamine A aux enfants de 06 à 59 mois, le déparasitage à l’albenda­zole contre les vers intestinaux chez les enfants de 12 à 59 mois, la vaccination des enfants et le rattrapage jusqu’à deux ans et la vaccination des femmes enceintes contre le tétanos.

« Ces journées de Santé de l’Enfant (JSE) en extension dans le pays traduisent la volonté inestimable du gouvernement avec l’appui de ses partenaires de mener une lutte énergique contre la persistance de ces maladies meurtrières de l’enfance. La conjugaison de nos efforts constitue une arme pour réduire les fardeaux de ces maladies », a déclaré le ministre Moustafa Mijiyawa. Il a encouragé toute la population et les parents de même que les autorités administratives et religieuses à saisir cette occasion gratuite qu’offrent ces journées pour supplémenter, déparasiter et immuniser les enfants en vue de les protéger. « Nous devons faire en sorte que les enfants ciblés n’échappent à ces journées de santé de l’enfant », a-t-il ajouté.

Pour Isselmou Boukhary, représentant résident de l’UNICEF au Togo, ces carences ne permettent pas d’assurer un développement physique et intellectuel adéquat aux enfants. « Les carences en fer, en iode, en vitamine A et en zinc exposent les enfants et les femmes en âge de procréer à de nombreux problèmes de santé tels que l’anémie, le faible poids de naissance, la faible résistance aux infections, et la cécité. En outre, elles sont responsables d’une baisse des capacités physiques et intellectuelles », a-t-il indiqué.

« Les journées de santé de l’enfant sont un moyen efficace pour renforcer l’Approche Atteindre chaque District (ACD). Elles contribueront à rattraper les femmes et de nombreux enfants ayant échappé à la vaccination de routine. Il est très utile que les JSE soient maintenues afin de renforcer la couverture vaccinale du PEV de routine de même que celles des autres interventions à haut impact sur la santé de la mère et de l’enfant », a pour sa part souligné Lucile Imboua, représentante résidente de l’OMS au Togo.

Toutes les dispositions sont prises pour atteindre les 1,5 millions d’enfants visés par cette campagne. Trois sortes de stratégies sont mises en place au cours de ces journées. D’abord la stratégie fixe où les vaccinateurs seront positionnés dans les formations sanitaires. Les  mamans avec les enfants sont invitées à se rendre dans ces formations sanitaires au cours de ces quatre jours pour les vaccinations qui sont gratuites. Ensuite la stratégie avancée qui concerne les populations au-delà de 05 kilomètres des formations sanitaires. Les équipes de vaccination ne passeront pas de maison en maison mais iront au-delà des cinq kilomètres pour offrir les prestations. Elles resteront dans les lieux publics (écoles, mosquées, églises marchés…) où les mamans et les femmes enceintes pourront se rendre pour prendre les interventions. La troisième stratégie est celle mobile qui concerne les populations qui sont au-delà de 15 kilomètres. Là, les vaccinateurs se déplaceront vers eux toujours dans les places publiques.

Au Togo, la situation sanitaire des enfants et femmes reste en effet marquée par des taux de morbidité et de mortalité encore élevés, malgré une tendance générale à la baisse de la mortalité chez les enfants et les femmes enceintes, avec un taux global de mortalité des moins de 5 ans de 88 pour mille naissances (EDST III). Aussi, d’importantes disparités demeurent-elles selon les zones géographiques.

Selon les résultats de la dernière enquête démographique et de santé de 2013-2014 (EDST II), 70 % des enfants de 6 à 36 mois et plus de 48 % des femmes en âge de procréer souffrent d’anémie.

David SOKLOU