Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition

Deuxième jour des manifestations : l’opposition lance un appel à l’élite togolaise

Les militants et sympathisants de la coalition des 14 partis de l’opposition étaient encore ce jeudi 30 novembre dans les rues de Lomé et de certaines localités de l’intérieur du pays pour le deuxième jour de manifestation pour le compte de cette semaine.

Dans le meeting tenu au point de chute de la marche de Lomé à la plage en face de l’hôtel Sancta Maria, les responsables de la coalition ont rendu public une déclaration à travers laquelle ils ont invité l’élite togolaise à rejoindre la lutte politique.

« Dans cette lutte, la contribution de chacun compte et l’élite a un rôle primordial à jouer. Autant ses prises de positions en faveur de la lutte seront une confirmation de la pertinence des revendications et un encouragement à aller de l’avant, autant son silence coupable constitue un soutien conscient ou non à la dictature. Le silence de l’élite ne peut jamais être neutre », indique la déclaration lu par François Kampatib du parti ADDI, membre de la coalition.

« Il y a des circonstances dans lesquelles ne rien faire équivaut à faire du mal : il y a des abstentions coupables. Le peuple en lutte ne sent pas son élite suffisamment impliquée dans ce combat pour la survie de tous (…) ; votre silence renforce la dictature. Votre abstention, votre inaction est un frein indéniable à l’aboutissement rapide de la lutte », poursuit la déclaration qui souligne par ailleurs que l’action de l’élite togolaise est un « devoir sacré » envers la communauté, la patrie, et le peuple.

Il faut souligner qu’à l’image de celle de mercredi, la marche de ce jeudi s’est déroulée dans le calme, sans incidents majeurs. Chose saluée par le ministre Damehame Yark en charge de la sécurité et de la protection civile.

Depuis plus de trois mois, le Togo est plongé dans une crise sociopolitique marquée par des manifestations de l’opposition qui exige de profondes réformes politiques notamment le retour à la Constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral, le vote des togolais de l’étranger entre autres. Un dialogue politique devrait s’ouvrir dans les prochains jours en vue d’une sortie de crise. Les tractations sont en cours.

Cris DADA