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Les élections en Afrique et au Togo : A quand l’instauration des débats publics entre candidats ?

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Image du débat public de Marine Le Pen et Emmanuel Macron
Image du débat public de Marine Le Pen et Emmanuel Macron
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La démocratie souvent définie comme « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple », est considérée dans les sociétés dites modernes comme la forme la plus adaptée de gouvernance afin de répondre de manière adéquate aux besoins et demandes de la population. Au rang des principes démocratiques, figurent les élections qui permettent à la population d’accomplir leur devoir civique et de choisir librement leurs dirigeants. Cependant, au cours de ces consultations nationales, les débats publics entre les candidats ne sont pas souvent organisés dans bon nombre de pays africains dont le Togo, pour permettre à la population de mieux  comprendre les programmes de société et la vision des candidats, contrairement à ce qui se fait dans la démocratie dite « évoluée ».

Au cours des scrutins, il est souvent dénoncé dans les pays africains, les votes ethniques ou régionalistes. Une situation imputable dans une certaine mesure au manque de débats contradictoires sur les médias ou réseaux sociaux. C’est pourtant avec plaisir que les africains saluent et apprécient ces genres d’initiatives dans d’autres pays notamment la France et les Etats Unis entre autres.

En dehors de quelques rares pays sur le continent, le débat public est quasi inexistant alors qu’il permet aux électeurs de se faire une idée du programme des candidats, de ce qu’ils proposent pour le pays afin de pouvoir faire un choix. Aux yeux de certains observateurs de la scène politique continentale, les populations peuvent exiger des politiques aussi bien du pouvoir que de l’opposition, ces genres de débats au-delà des meetings et autres manifestations populaires.

« C’est un débat républicain, ce n’est pas pour insulter ni stigmatiser les gens. Tous les togolais, béninois, ivoiriens, sénégalais ont le droit de vivre heureux sur leur terre. Il faut juste un débat. De temps en temps, la tension peut monter et c’est normal. Ce qui est important c’est de rester dans le cadre programmatique, c’est-à-dire que pour tel candidat, voilà ce que je veux faire pour le pays sur le plan sécurité social, accès gratuit aux soins de santé à aux écoles ou à l’internet etc.…», a expliqué le juriste Francis KPATINDE,  enseignant à Sciences-Po de Paris, rencontré il y a quelques jours à Lomé.

Selon lui, afin que le débat soit équitable et transparent, il doit être organisé par une organisation internationale à l’image du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

« Le PNUD a le budget associé aux élections dans nos pays. Le PNUD a les moyens donc il suffit qu’un journaliste par exemple togolais, équilibré et qui connait bien le pays, aille négocier par exemple avec le PNUD afin que des fonds soient débloqués », a-t-il fait savoir. Pour le reste, dit-il, il suffira juste de se charger de la neutralité, d’élaborer des notes de cadrage et prendre contact avec les candidats pour l’organisation de ces débats républicains.

« Ce qui est déplorable c’est qu’un candidat peut manquer à l’appel. Par exemple en Ouganda, il y a eu plusieurs débats. Au premier débat, le Président Museveni n’est pas venu. Mais comme il a vu que la population a bien suivi, il était présent au second débat. Au Kénya, ils étaient huit candidats au premier tour et Uhuru Kenyatta était présent aux débats dirigés par deux journalistes, un homme et une femme », ajouté l’ancien observateur électoral et des Droits Humains pour l’ONU au Mali, en Haiti et en Afrique du Sud.

Que ce soit pour les scrutins à un ou à deux tours, le débat entre les candidats se présente donc comme une nécessité pour l’ensemble des pays africains dans leur marche vers la démocratie. Ces exercices permettront de mesurer les réelles capacités des candidats à assoir une vision pour les communautés et pays qu’ils aspirent à diriger.

David