Les inégalités de chance, une menace à la vie des enfants !

Les inégalités de chance, une menace à la vie des enfants !

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« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une vérité indéniable et inacceptable : des millions d’enfants voient leur destin brisé par de simple fait d’être nés dans un pays et une communauté désavantagés, ou en raison de leur sexe ou des circonstances dans lesquelles ils ont vu le jour » : ce sont là, les propos du Représentant résident de l’UNICEF au Togo, Isselmou BOUKHARY à l’occasion du lancement ce lundi 12 décembre à Lomé de l’édition 2016 du rapport sur la situation des enfants dans le monde intitulé « l’égalité des chances pour chaque enfant ». Des propos qui en disent long sur la situation de précarité que vivent contre leur volonté, des millions d’enfants à travers le monde malgré les efforts que fournissent les nations.

Le rapport dresse en effet un sombre tableau de ce qui attend les enfants les plus pauvres du monde si les gouvernements, les bailleurs de fonds, les entreprises et les organisations internationales n’accélèrent pas leurs efforts afin de répondre efficacement aux besoins de ces enfants.

« Le nombre d’enfants vulnérables et la liste des vulnérabilités identifiées représentent aussi et surtout une violation inacceptable des droits fondamentaux des enfants dont nous sommes tous censés être responsables. Avant même leur premier souffle, les opportunités offertes dans la vie aux enfants pauvres et marginalisés sont souvent marquées par les inégalités », a fait savoir Isselmou BOUKHARY.

Pourtant ce ne sont pas les efforts qui ont manqué. Entre 1990 et 2016, le nombre de décès d’enfant avant l’âge de cinq ans a été réduit de moitié et des centaines de millions d’enfants dans le monde ont dit « au revoir » à la pauvreté de même que le taux de non scolarisation qui a baissé de 40 % entre 1990 et 2014.

Cependant, ces progrès n’ont été ni égaux, ni équitables. L’UNICEF estime que les enfants les plus pauvres ont deux fois plus de chance que les enfants les plus aisés de mourir avant l’âge de cinq ans et de souffrir de sous-alimentation chronique. Les perspectives les plus préoccupantes se retrouvent en Afrique au sud du Sahara où 2 enfants sur 3 (soit au moins 247 millions) vivent dans une pauvreté multidimensionnelle.

Le ministre Kossi ASSIMAÏDOU en charge de la planification du développement a dans son intervention, relevé que les domaines dans lesquels les enfants subissent des inégalités sont nombreux. Pour lui, l’intérêt de ce rapport est qu’il fasse ressortir trois principaux domaines à savoir la santé, l’éducation et la pauvreté. Après avoir souligné les efforts du gouvernement afin d’offrir les mêmes chances à chaque enfant togolais, il a félicité l’UNICEF pour ce rapport  qui, selon lui, interpelle tout le monde au regard des orientations à privilégier pour être au rendez-vous de 2030. « Le gouvernement ne ménagera aucun effort afin de permettre aux enfants issus des milieux  défavorisés de progresser  sur un même pied d’égalité que ceux issus des milieux plus aisés », a-t-il promis tout en précisant qu’il s’agira d’analyser et de capitaliser les orientations stratégiques du Plan National de Développement PND (2018-2022) qui intègre les Objectifs de Développement Durable (ODD) afin de veiller à ce que chaque enfant togolais bénéficie d’un bon départ dans la vie.

« Nous avons un choix à faire : investir dans ces enfants dès à présent ou laisser notre planète devenir inégalitaire et plus divisé », recommande l’UNICEF.

David SOKLOU