La CEDEAO et la CEEAC unissent leur force contre le terrorisme et...

La CEDEAO et la CEEAC unissent leur force contre le terrorisme et l’extrémisme violent

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Photo de famille des Chefs d’Etat à Lomé
Photo de famille des Chefs d’Etat à Lomé
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Les travaux du Sommet conjoint de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) se sont ouverts ce lundi à Lomé dans la capitale togolaise. C’est le Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, Ali Bongo qui a procédé à l’ouverture officielle de ce Sommet consacrée à la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent au sein des deux espaces sous régionaux.

La cérémonie d’ouverture a été marquée par quatre interventions notamment celles du Chef de l’Etat togolais Faure Gnassingbé, Président en exercice de la CEDEAO, du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Dr. Mohamed Ibn Chambas,  du Président de la Commission de l’Union Africaine Moussa Faki Mahamat, et du Président gabonais Ali Bongo Ondimba.

Les intervenants ont placé cette rencontre de haut niveau dans son contexte, un contexte marqué par de nombreux défis sécuritaires auxquels les régions d’Afrique centrale et occidentale font face notamment le terrorisme si présent dans le sahel et le bassin du lac Tchad, des rebellions armées, des formes de violence dans beaucoup de pays de la région, sans perdre de vue la piraterie dans le golfe de guinée et la persistance des trafics de tout genre.

« Il est donc impérieux que nous trouvions ensemble, la meilleure approche pour nous attaquer à ces menaces pour garantir la paix et la sécurité de nos populations. C’est dans cette perspective que nous tenons notre sommet conjoint de ce jour avec la ferme volonté de créer les conditions d’une paix durable et d’un environnement sécurisé dans l’espace commun aux deux régions à travers l’adoption d’une vision partagée des menaces, et d’une approche commune des solutions à y apporter », a déclaré Faure Gnassingbé à l’ouverture des travaux.

« Aujourd’hui nous écrivons une nouvelle page de notre coopération qui j’en suis certain, marquera l’histoire de nos deux communautés. En effet, les deux communautés sous régionales ont décidé de travailler conjointement pour évaluer les menaces sécuritaires auxquelles elles font face, et d’y répondre collectivement par la définition et la mise en œuvre d’une approche commune », a-t-il ajouté, expliquant que la nature transfrontalière des menaces auxquelles les deux régions font face oblige à faire en sorte que les frontières ne soient pas un obstacle à l’action effective et efficace de des forces de défense et de sécurité.

« Nous nous devons de régler au cours de ce sommet, les problèmes qui se posent à la coopération opérationnelle effective et efficace entre nos forces de défense et de sécurité en levant notamment les obstacles à l’entraide judiciaire, à l’extradition, à la coopération en matière de police criminelle et de renseignement, aux droits de poursuite », a laissé entendre Faure Gnassingbé.

Le Président Ali Bongo a expliqué que le sommet de Lomé tient son origine dans la décision prise par la conférence des Chefs d’Etat du Conseil de paix et de Sécurité de l’Afrique centrale au cours du sommet extraordinaire tenu à Yaoundé en février 2015 consacré à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram, et où il avait été convenu que la lutte contre le terrorisme pourrait être le levier du raffermissement de la coopération entre la CEDEAO et la CEEAC, deux régions liées par l’histoire, la géographie et des affinités culturelles.

Il est allé dans le même sens que le Président hôte du Sommet en indiquant que « les menaces sécuritaires transversales dans notre espace nous commande d’agir de manière concertée et collective ». Ali Bongo a en outre souhaité que ce sommet soutienne l’idée de la mise en place d’un mécanisme mixte CEEAC-CEDEAO, sous la conduite conjointe des ministres en charge des affaires étrangères et ceux de la sécurité.

« Ce mécanisme examinerait de façon régulière les questions sécuritaires de notre espace communautaire en tenant compte du cadre réglementaire au sein de l’Union africaine et de ses dispositions pertinentes », a-t-il précisé, sollicitant l’accompagnement des partenaires bilatéraux et multilatéraux dans la mise en œuvre des décisions qui sortiront de ce Sommet inédit.

Les travaux du Sommet de Lomé permettront aux Chefs d’Etat et de Gouvernement d’examiner la situation sécuritaire et d’adopter une Déclaration définissant une approche commune sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme ainsi que l’extrémisme violent dans les deux espaces sous-régionaux.

David S.