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La marche de l’opposition dispersée à Lomé avec des dégâts matériels et interpellations

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Il n’y a pas eu de marche de la coalition des 14 partis de l’opposition ce mercredi dans les rues de Lomé et dans les localités de l’intérieur du pays. Les manifestations ont été étouffées par les forces de l’ordre. Tôt dans la matinée, les points de départs de ce premier jour des manifestations pour le compte de cette semaine ont été bouclés par les forces de l’ordre et tout rassemblement, dispersé.

Que ce soit au point de rassemblement de la plage en face de l’hôtel Sancta Maria, ou à ceux de Totsi et d’Adidogomé, les manifestants présents qui essaient de se regrouper sont systématiquement dispersés par les forces de l’ordre avec des courses poursuites au passage. Dans plusieurs quartiers de Lomé et à Kpalimé, certains militants pour manifester leur colère, érigent des barricades qui sont aussitôt dégagées par les forces de sécurité afin de rétablir la circulation.

Selon le ministre Yark Damehame en charge de la sécurité et de la protection civile, ces tentatives de manifestation ont été émaillées de certaines scènes de violences qui ont occasionné des dégâts matériels notamment sur les véhicules de personnalités à savoir le ministre de l’urbanisme Fiatuwo Sessenou et le chef de file de l’opposition, Jean Pierre Fabre.

« Dans leurs interventions pour maintenir l’ordre public, la police et la gendarmerie ont procédé à l’interpellation de 20 personnes à Kpalimé dont 19 libérés en début d’après midi, et de 20 autres manifestants à Lomé », a indiqué le Ministre Yark.

Certains leaders de la Coalition notamment Jean Pierre Fabre affirment avoir été victimes de violence et de tentative d’assassinat au moment où ils se rendaient aux points de départ de la marche à Lomé.

Pour rappel, malgré l’interdiction du Gouvernement qui évoque la décision du Dialogue de suspendre toutes les manifestations du moins lors des pourparlers, la coalition de l’opposition a maintenu ses manifestations prévues cette semaine notamment mercredi, jeudi et samedi.

En début de semaine, l’opposition avait indiqué que le Gouvernement est en train de faire une interprétation « volontairement erronée » de la disposition de la Coalition à suspendre ses manifestations de rue pendant la durée du dialogue.

Alors que le dialogue politique reste suspendu, l’opposition compte maintenir la pression sur le pouvoir de Faure Gnassingbé pour la satisfaction de ses exigences qui portent essentiellement sur le retour à la Constitution originelle de 1992, le vote de la diaspora, la révision du cadre électoral et le « déverrouillage » des institutions de la République.

Par ailleurs, l’opposition veut renouer avec la rue parce que dit-elle, le Gouvernement est en train de poser des « actes graves » en violation de l’esprit du dialogue. Selon ce qu’évoque la Coalition, il s’agit notamment de la poursuite de la préparation unilatérale des élections, l’interdiction systématique de toutes les manifestations publiques y compris celles organisées par les organisations de la société civile et autres syndicats, la multiplication des harcèlements et des arrestations de responsables d’organisations de la société civile, du maintien de l’état de siège dans les villes de Sokodé, Bafilo et Mango.

Cris DADA