Des sanctions de la CEDEAO contre la Guinée Bissau

Des sanctions de la CEDEAO contre la Guinée Bissau

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Jose Mario Vaz, Président de la Guinée Bissau
Jose Mario Vaz, Président de la Guinée Bissau
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La Commission de la CEDEAO a annoncé l’effectivité des sanctions individuelles et collectives à compter de ce 1er février 2018 à l’encontre de toutes les personnes ou organisations qui entravent le processus de sortie de crise en Guinée Bissau. Une annonce qui intervient à la suite d’une mission d’évaluation de la mise en œuvre des accords de Conakry et de Bissau conformément aux décisions de la session extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO tenue le 27 janvier dernier à Addis Abeba en Ethiopie, en marge du 30è Sommet de l’Union Africaine.

Au cours de cette session du 27 janvier, la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO avait en effet invité les parties bissau-guinéennes à appliquer les accords de Conakry, faute de quoi, des sanctions individuelles et collectives seraient appliquées dès le 1er février 2018.

Conduite du 31 janvier au 1er février par le patron de la diplomatie togolaise et Président du Conseil des Ministres de la CEDEAO, Pr. Robert DUSSEY, la mission d’évaluation a constaté que la nomination du Premier ministre de consensus tel que préconisé par l’Accord de Conakry n’a malheureusement pas été respecté.

La mission également composée du Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la Guinée, M. Naby Youssouf Kiridi BANGOURA et du Président de la Commission de la CEDEAO Marcel De Souza, a estimé que « sans l’application intégrale de l’Accord de Conakry, notamment la nomination d’un Premier ministre de consensus et la formation d’un Gouvernement inclusif, les conditions politiques idoines ne sont pas réunies pour l’organisation d’élections crédibles, inclusives et apaisées ».

La mission a également déploré le non respect de la liberté de réunion telle que reconnue par la Constitution de la Guinée-Bissau de même que les instruments juridiques de la CEDEAO, de l’Union africaine et des Nations Unies en la matière. Un appel a été dans ce sens lancé à toutes les autorités bissau-guinéennes de veiller au strict respect de l’état de droit, des droits de l’homme y compris la liberté de réunion.

C’est le Président de la Commission de la CEDEAO qui a été mandaté par la Conférence des Chefs d’Etat de l’organisation sous régionale pour la mise en œuvre desdites sanctions. Il faut rappeler que depuis plus de trois ans, la Guinée Bissau est en proie à une crise politico-institutionnelle.

Bruno OBOE