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Togo/ Agbéyomé Kodjo n’exige pas la démission du premier ministre mais fait des propositions à l’Etat

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Si le parti, Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), exige la démission du Premier ministre Sélom Komi Klassou d’avoir acheté 20 actions à West african cement (WACEM), une société d’extraction minière accusée d’évasion fiscale, à l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS), « pas question d’exiger » sa démission.

C’est au cours de la célébration des huit (8) ans d’existence de ce parti couplée d’une conférence de presse tenue ce samedi à son siège à Djidjolé qu’il a fait cette déclaration. Plusieurs militants ont pris part à cette rencontre notamment les membres des bureaux fédéraux de Lomé.

Pour le premier responsable de cette formation politique Messan Kodjo Agbéyomé, il n’est pas du tout interdit au Premier ministre Sélom Komi Klassou d’acheter des actions à WACEM. Mais là où ça dérange, c’est quand il se retrouve à la tête du gouvernement, qui ayant un pouvoir de décision et qui ne jouit pas de sa force pour décider le cours de beaucoup des crises au sein de cette entreprise.

« Si nous étions dans les démocraties avancées, il n’y a de plus moins bon que la démission. Malheureusement, c’est la démocratie en construction. OBUTS ne demande pas la démission du Premier ministre mais je crois qu’il devait sortir quand même un communiqué pour clarifier l’opinion sur ce qui s’est réellement passé et c’est ce que les togolais veulent savoir », a indiqué Agbéyomé Kodjo.

Selon lui, lorsqu’il a su qu’il devient le Premier ministre, il devait en réalité se débarrasser de ses actions.

« Nous soumettons à faisabilité la préconisation suivante publique de mettre en place une structure regroupant les administrateurs financiers du pouvoir central et ceux de tous les démembrements de l’Etat aux fins de concevoir des mesures garantissant la transparence fiscale opposable à toutes les entreprises à fort potentiel économique, établies sur le territoire national », a-t-il proposé.

Par ailleurs l’ancien ministre rappel au chef de l’Etat Faure Gnassingbé de traduire sa volonté politique exprimée lors de sa campagne présidentielle de 2010 dans la zone minière de Vo de voter une loi portant création d’un « Fonds de développement économique et social des zones minières » abondé par des ressources prélevées sur les produits de l’exploitation des gisements.

M. Agbéyomé propose à ce que l’Etat impose à WACEM la domiciliation bancaire de toutes ses opérations et avoirs financiers auprès des institutions financières togolaises sous peine de résilience du contrat de partenariat commercial.

Ce n’est pas tout, le Togo doit imposer un examen en revue de tous les contrats miniers aux fins de scrupuleuse vérification du respect du cahier de charges dans la perspective d’une amélioration de la contribution de ces sociétés minières aux caisses du Trésor public, à la hauteur de la densité de leurs activités économiques.

Dans cette affaire d’évasion fiscale, la position d’OBUTS rejoint celle de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) du chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre. Ce parti trouve que le Premier ministre n’est pas la cible mais le système en question.

Joseph Ahodo