Togo / Interview d’Aimé Tchabouré Gogué, Président du parti politique « ADDI...

Togo / Interview d’Aimé Tchabouré Gogué, Président du parti politique « ADDI »

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Aimé Tchabouré Gogué, Président du parti politique ADDI
Aimé Tchabouré Gogué, Président du parti politique ADDI
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« Cette année, nous serons encore plus actifs sur le sujet de la décentralisation et les réformes… »

Les partis politiques de l’opposition ne veulent pas perdre une seule minute au cours de cette année 2017. Si le gouvernement prévoit les élections locales d’ici la fin 2018, ces derniers s’arment d’ores et déjà  pour la bonne tenue de ces élections dont les dernières datent de trente (30) ans. L’autre sujet qui les tient à cœur est celui des réformes constitutionnelles et institutionnelles dont les membres de la commission devant réfléchir sur cette question ont été nommés par le chef de l’Etat Faure Gnassingbé le 3 Janvier dernier. Une commission dont les membres sont désavoués par certains responsables de l’opposition. Dans une interview accordée à notre rédaction, le Professeur Aimé Tchabouré Gogué, Président de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), ancien ministre du Plan de 1991 à 1993 fustige la procédure de nomination des membres de cette commission et charge Faure Gnassingbé de n’avoir pas au préalable consulté la classe politique de l’opposition, du moins le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre, les chefs traditionnels ou les religieux.

Lisez l’interview

LA VOIX DE LA NATION : L’année 2016 a pris fin depuis quelques jours. Pouvez-vous nous faire un bilan de votre parti ?

Aimé Tchabouré Gogué : Nous sommes en début d’une nouvelle année et comme la tradition l’exige, je souhaite que la population garde la conviction de voir se réaliser au Togo l’alternance. Que chacun œuvre pour cette alternance. Que nos compatriotes qui militent pour le maintien d’Unir voient la vérité en face. Ils doivent comprendre que ce régime ne travaille pas pour l’intérêt du peuple togolais, il faut que les togolais comprennent ceci et travaillent  sérieusement pour que le changement arrive par l’alternance.

Pour revenir à la question, je dirai que nous ne sommes pas totalement satisfaits en 2016. Certes nous avons fait beaucoup d’activités mais je pense que nous n’avions pas réalisé tout ce que nous devons faire. Nous avons mis l’accent sur la formation surtout des jeunes sur le leadership et le militantisme. Nous avions également fait une proposition de loi avec l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) sur les réformes qui a été finalement rejetée à l’Assemblée nationale.

Nous avions fait des réflexions au niveau de la décentralisation, interpellé les hauts responsables à travers une proposition de loi à déclarer leur bien suivant l’article 145 de la constitution qui dispose que « tout homme politique nommé, fasse une déclaration du bien à l’entrée de leur fonction ainsi qu’à leur sortie ». Voilà des actions que nous avons menées que nous pensons un peu insuffisantes. Cette année, nous serons encore plus actifs sur le sujet de la décentralisation et les réformes mais surtout mettre un accent particulier sur la transparence des élections.

Quels sont selon vous, les grands chantiers que le Togo doit aborder cette année 2017 ?

Cette année, l’accent sera mis sur les sujets d’ordre politiques notamment les réformes et l’épineuse question de la décentralisation. C’est une année qui n’est pas électorale, et ce serait bon dans le calme et dans une conscience mutuelle que nous puissions passer cette étape qui est très importante pour la vie du pays. Nous n’allons pas continuer à nous distinguer dans la sous-région et sur le continent par une constitution non consensuelle. En deuxième point, nous espérons aussi aboutir à la décentralisation. Même si nous ne pouvons pas avoir les élections locales, au moins il faut que nous ayons une feuille de route claire disant qu’en 2018, le Togo ira à des élections locales pour impliquer un peu plus la population à la gestion de la chose publique.

Aujourd’hui, le chef de l’Etat vient de nommer les membres devant siéger dans cette commission. Quelle est votre analyse ?

C’est regretté que le chef d’Etat ait nommé les membres de la commission de la sorte. La constitution est quelque chose de très importante pour un pays et doit régir les relations entre les composantes de la société togolaise. Il y a eu l’atelier du Haut Commissariat à la Réconciliation de l’Unité Nationale (HCRRUN) qui représentait largement la population.

Ensuite, ce n’est pas parce que Faure Gnassingbé est le chef de l’Etat qu’il doit se prévaloir le droit de nommer une commission de ce niveau sans pouvoir consulter la classe politique de l’opposition, du moins le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre, les chefs traditionnels ou les religieux. S’il consultait ces personnes, nous pouvons avoir un consensus sur l’équipe qui va proposer le texte et cela facilite le travail. C’est en cela que je dis c’est une mauvaise procédure.

C’est regrettable qu’il mette en place une commission dont les membres sont déjà contestés par la population. Mais espérons qu’ils vont se rattraper en faisant du bon travail.

La population est rentrée dans cette nouvelle année avec des séries d’incendies ici et là comme ça a été le cas des deux grands marchés du Togo en 2013. Que pensez-vous de cela?

Je veux bien croire qu’il n’y a pas de relation entre les incendies des deux grands marchés et ceux de la Cathédrale de Lomé. Si on doit revenir sur le cas de 2013, je trouve regrettable que la justice ne s’est pas prononcée sur cette affaire. Elle aurait pu faire des recherches et déposer son rapport.

C’est dire tout simplement que la justice togolaise est inefficace pour ne pas faire les enquêtes et identifier les coupables. C’est honteux pour notre pays que ce soit pour des vengeances politiques qu’on ait gardé des gens à la prison ou les accuser à tort ou à raison. C’est grave que le chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre ou des parlementaires soient obligés chaque fois de demander  la permission à un magistrat avant de voyager. ADDI fera une action avec les autres partis de l’opposition en 2017 pour faire pression sur le gouvernement afin de situer les responsabilités.

Revenant sur les incendies,  il faut reconnaitre que la ville se développe, la population augmente, les maisons deviennent plus complexes et nécessairement il peut y avoir de ces types d’accidents. Donc il faut que les servies des Sapeurs pompiers soient en mesure de par leur technique, de faire face à ce genre de chose.

Merci Monsieur le Président

C’est moi qui vous remercie.

 Interview réalisée par Joseph Ahodo