Togo : L’opposition dans une nouvelle série de manifestations politiques

Togo : L’opposition dans une nouvelle série de manifestations politiques

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Les manifestants ce mardi à Lomé
Les manifestants ce mardi à Lomé
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Les militants et sympathisants de l’opposition ont entamé ce mardi 07 novembre à Lomé et dans certaines localités de l’intérieur du pays, une nouvelle série de manifestations à l’appel des leaders de la coalition des 14 partis de l’opposition. Ils étaient des milliers à battre le pavé pour exiger des réformes politiques notamment le retour à la Constitution originelle de 1992, la révision du cadre électoral, l’institution du droit de vote de la diaspora entre autres.

Partis des trois points de rassemblement à Lomé, les manifestants avec les leaders de la coalition ont sillonné quelques artères de la capitale et de se retrouver au niveau du célèbre carrefour de Dékon avant de chuter à la plage en face de l’hôtel Sancta Maria où un meeting a été tenu.

S’adressant à la foule, le chef de file de l’opposition a remercié tous les manifestants pour leur « détermination » qui, selon lui, a permis à ce que les marches se tiennent de nouveau après la trêve. Il les a appelés à sortir plus nombreux ce mercredi, deuxième jour des manifestations sur toute l’étendue du territoire.

Au sujet des mesures d’apaisement initiées par le Gouvernement, Jean Pierre Fabre dit soutenir cette initiative tout en réaffirmant et la disponibilité de l’opposition à un éventuel dialogue mais pas n’importe lequel : seul celui qui portera uniquement sur le retour à la Constitution de 1992 et les conditions de départ du pouvoir de l’actuel chef de l’Etat Faure Gnassingbé.

Le leader de l’ANC a exigé la libération de toutes les personnes « arbitrairement détenues » depuis environs 5 ans dans le cadre de l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara, et toutes celles qui ont été arrêtées lors des récentes manifestations. L’opposition a également dénoncé la « duplicité » du régime en place qui selon elle, ne peut pas au même moment dit vouloir prendre des mesures d’apaisement de la situation politique et empêcher les populations de démarrer des manifestations qui ne sont pas interdites.

Il faut souligner que les manifestations ont été empêchées par les forces de défense et de sécurité dans certaines localités de l’intérieur du pays notamment Sokodé et Bafilo. « Ils disent qu’ils ont pris des mesures d’apaisement. Et pourtant aujourd’hui encore, ils ont empêché ce mardi nos manifestants à Sokodé et à Bafilo », a déploré Jean Pierre Fabre.

Mais selon le ministre de la sécurité, les manifestations ont été empêchées dans ces localités compte tenu de la situation d’insécurité qui y règne. « Il y a des armes qui sont en circulation. Les armements des militaires qui ont été tués et du commissariat cassé ont été emportés et jusqu’à présent, on ne sait pas qui les détient », a souligné le Colonel Yark Damehame  qui estime qu’il est plus prudent et plus judicieux de ne pas manifester tant que ces armes et munitions ne sont pas retrouvées.

« Nous, nous avons la responsabilité d’assurer la sécurité de tout le monde. A partir du moment où on ne sait pas qui détient encore ces armes et pour quelle fin, il est prudent et il est même plus judicieux d’éviter qu’on manifeste dans la ville de Sokodé », a fait savoir le ministre Yark qui s’est par ailleurs réjoui de ce que les manifestations de Lomé se soient déroulées dans le calme.

Les manifestations se poursuivent ces 08 et 09 novembre.

Cris DADA