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New World TV dévoile sa promotion spéciale « Décodeur + Abonnement à 5.000 F CFA »

Un Décodeur plus un abonnement d’un mois à toutes les chaînes du bouquet pour un montant de 5000 F : c’est la promotion spéciale du Groupe de télévisions New World TV portée à la connaissance du public au cours d’une conférence de presse animée ce mercredi 23 décembre à Lomé.

Sur la période du 20 décembre 2020 au 20 janvier 2021, le public a la possibilité de s’offrir le décodeur NW à seulement 5000 F avec tout le contenu diffusé gratuitement à savoir une soixantaine de chaînes sur un mois.

L’initiative répond à l’ambition du Groupe New World TV de faire la télévision autrement en apportant en cette période des fêtes de fin d’année, la joie dans tous les ménages à travers l’accès encore plus facile à son bouquet de diffusion.

« Il s’agit d’un projet africain conçu et développé par des africains pour les africains, en tenant compte des réalités africaines, mais avec des exigences de qualité respectant les normes internationales en la matière », a fait savoir Nimonka Kolani, Directeur général de New World TV.

Le Directeur commercial et marketing de New World a pour sa part expliqué que sur le plan technique, NWTV offre un décodeur qui diffuse en HD+ avec une qualité d’image exceptionnelle. « Le décodeur NWTV permet aussi de programmer l’enregistrement automatique de vos programmes préférés. Un autre atout, vous pouvez choisir à loisir la langue de réception de certains programmes en français ou en anglais », a indiqué Aimé Lanzo.

« Cette promotion spéciale Décodeur + Abonnement à toutes les chaînes à 5000 F répond à notre vision, celle de promouvoir un bouquet africain tenant compte de nos réalités économiques. C’est pour cette raison que nous avons fait des prix adaptés à chaque bourse. Déjà à partir de 2500 F vous pouvez souscrire à un abonnement mensuel donnant accès à des chaînes d’information et de divertissement de grande qualité », a-t-il expliqué, précisant que « même en cas de difficultés passagères, sans abonnement, plusieurs chaînes restent accessibles sur le bouquet de New World TV ».

Durant la période de la promotion, les abonnés qui disposent de l’ancien décodeur sont aussi invités dans les agences du Groupe pour actualiser le contenu et bénéficier de l’ensemble des chaînes à trois milles (3000) F pour un mois.

Groupe de télévisions de droit togolais basé à Lomé, New World TV dispose à ce jour d’une large palette faite de 11 chaines thématiques et un ensemble de chaines partenaires constituant son bouquet.

New World TV dispose également de plusieurs chaînes pour enfant, avec des programmes très éducatifs, des chaines de divertissement avec du contenu qui reflète les valeurs africaines, de même que des chaînes de sport qui relaient les plus grands championnats européens, brésiliens et africains avec parfois des commentaires en langues locales.

Hervé Dagba / La Rédaction




Journalisme Sensible au Genre : Hélène Doubidji remporte le Grand Prix Régional, catégorie « presse en ligne »

La journaliste Hélène Doubidji continue de faire la fierté de la presse togolaise. La Directrice de publication du site d’informations générales, Togotopnews est sacrée lauréate, catégorie presse en ligne du Grand Prix Régional du Journalisme Sensible au Genre. Elle a reçu son prix ce mercredi 9 décembre 2020, à Saly au Sénégal, au cours d’une cérémonie solennelle, organisée en marge du colloque régional sur l’accès des femmes à l’information.

C’est son grand reportage titré « Mariées tôt contre leur gré » qui a retenu  l’attention du jury. Une production qui relate le parcours douloureux des femmes victimes du mariage forcé, alors qu’elles étaient à peine pubères.

A en croire la Présidente du jury, Eugénie Rokhaya Aw, Experte en genre et conflits de renommée internationale, « c’est un reportage touchant, séduisant à la fois dans le fond et dans la forme, article très bien écrit, on attend, on voit, on sent, une écriture courte et bien rythmée.  Et sur le format, vraiment, c’était un bon choix ce grand reportage ».

« Etre à nouveau lauréate d’un prix aussi prestigieux ne fait que renforcer ma  détermination et la confiance que j’ai toujours en moi. Je suis honorée une fois encore de porter haut le nom du Togo. C’est à la fois une grande fierté et beaucoup plus de responsabilités et d’engagements », déclare la présidente de l’Association Togolaise des Organes de Presse Privée en Ligne (ATOPPEL).

Pour la jeune journaliste, « le mérite revient à toute la presse togolaise, en particulier la presse en ligne qui malgré les conditions difficiles de travail s’efforce d’être professionnelle ».

A travers ce Prix régional, l’IPAO et ses partenaires veulent créer une stimulation chez les journalistes et au sein des médias ouest-africains à produire sur les questions relatives aux droits des femmes et des contenus médiatiques plus équilibrés du point de vue genre.

Au Total, 4 journalistes ont été primés,  soit un (1) pour chaque catégorie de média : radio, presse écrite, télévision et presse en ligne.  Les 3 autres lauréats viennent notamment de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Mali. Chaque lauréat (e) a reçu une enveloppe financière d’un million cinq-cent mille francs CFA (1 500 000 F CFA).

Pour l’édition 2020 du prix, les productions journalistiques éligibles sont celles qui ont été diffusées entre le 1er septembre 2019 et le 10 septembre 2020. Le genre journalistique est soit une enquête (investigation), soit un grand reportage.

Les productions ont été évalués par un jury régional indépendant, par rapport à plusieurs critères entre autres la pertinence du sujet par rapport à la situation des droits des femmes, la  maitrise du genre rédactionnel, la qualité de l’écriture, le confort d’écoute, la qualité des images,  l’effort de recherche/documentation,  l’équilibre des sources, notamment du point de vue genre,   la maitrise de la problématique des droits des femmes dans le ou les pays d’Afrique de l’Ouest.

Ce prix décerné par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO),  sous le parrainage du Bureau Régional d’ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre, est ouvert aux journalistes du Bénin, Togo, Mali, Niger, Sénégal, Burkina Faso, de la Guinée et Côte d’Ivoire.

Il faut souligner que cette distinction porte à 6, les prix et nominations de la journaliste togolaise  notamment 2 sur le plan mondial, 3 au niveau africain et 1 sur le plan national.

La Rédaction




Afrique de l’Ouest : Médias et Covid-19 à l’épreuve des « Fakes News »

Dans un nouveau rapport, la Fondation des médias pour l’Afrique de l’ouest (MFWA) en collaboration avec ses partenaires nationaux, fait une analyse de l’impact des fausses informations (fakes news) sur le paysage médiatique dans la sous région en ces moments de la Covid-19, de même que les mesures nécessaires afin d’endiguer le phénomène.

Selon le document, la propagation des fausses informations en cette période de crise sanitaire a été favorisée par le manque d’une stratégie de communications gouvernementales sur la pandémie dans certains pays, et les difficultés d’accès aux sources d’informations.

« Non seulement les fakes news on conduit à la perte de crédibilité des médias, mais également nombres de professionnels de presse étaient confus dans le relai de l’information aux populations », indique le rapport.

Le document souligne par exemple qu’au Togo, dès la découverte des premiers cas de COVID-19, les réseaux sociaux ont été inondés par les fausses informations.

« Les groupes WhatsApp et Facebook se sont vus envahir par diverses publications (parfois sous forme de textes, vidéo, audio et images). Très rapidement des informations erronées ou tronquées ont été relayées par des internautes », lit-on dans le document.

Diverses recommandations sont formulées non seulement à l’endroit des gouvernements, mais aussi aux organisations de développement des médias, et aux médias à qui il est demandé de vérifier à plusieurs reprises les informations avant publication, et de renforcer au niveau individuel les compétences de vérification des informations.

Nous vous proposons l’intégralité du rapport de la Fondation MFWA :

« Depuis début mars 2020, l’Afrique de l’Ouest a enregistré son premier cas de COVID-19. Alors que la pandémie sévit depuis plusieurs mois dans le monde, avec son cortège de morts, le continent africain peut se frotter les mains car n’ayant pas subit autant de perte en vies humaines. Cependant, la pandémie a aussitôt mis les médias au cœur de la stratégie de lutte des pouvoirs publics au regard de leur maillon essentiel dans la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de l’efficacité de ladite stratégie.

De ce statut d’interface et de facilitateur de la perception et de la compréhension de la stratégie des pouvoirs publics dans la lutte contre la pandémie, les citoyens perçoivent les médias comme vecteurs de relais d’informations bien sourcées et vérifiées sur la COVID-19.

Cependant, cette conception idyllique des médias s’est vite altérée sous l’humus des mœurs en raison de la prolifération des fausses informations sur la COVID-19. Alors qu’en Guinée le contexte très polarisé politiquement et socialement a favorisé l’éruption de fausses informations ou Fakes News sur la COVID-19, la religion a joué un rôle dans la prolifération des fausses informations au Niger et au Burkina Faso le gouvernement en a été un vecteur.

La conséquence directe de la prolifération de ces fausses informations a été de nature à fragiliser la stratégie nationale de riposte en cours et à questionner le professionnalisme des médias face à la recrudescence de ce phénomène nouveau dans le paysage médiatique de la sous-région.

Face à l’ampleur croissante de ce phénomène, particulièrement au sein des nouveaux médias, il urge d’analyser son n’impact sur le paysage médiatique, ainsi que les mesures nécessaires afin de l’endiguer. C’est dans ce contexte que la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), en collaboration avec ses partenaires nationaux en Guinée, au Niger, au Togo, au Burkina Faso, en Mauritanie, et au Cap Vert produit ce rapport d’analyse.

Le présent rapport se veut une analyse du phénomène des fausses informations en cette ère de la COVID-19 en prenant en considération le contexte général de la question des fakes news lors de la COVID-19, les tendances des fakes news pendant la pandémie ; l’impact des fausses informations sur les médias et la lutte contre la pandémie ; les mesures adoptées contre les fakes news en cette période.

Contexte Général

Alors que les stratégies de riposte contre la COVID-19 dans la région consistaient en une batterie de mesures restrictives, à partir de début juin, la région a observé une relaxation des mesures d’urgences.

Face à la propagation de cette pandémie, les regards se sont tournés sur le rôle des médias comme pourvoyeur d’information, tremplin de sensibilisation et de l’éducation des populations, pour la mise en œuvre efficace et efficiente de la politique de riposte nationale à la COVID-19.

Cependant, les médias font face à nombres de défis rendant difficiles ce devoir régalien. L’un des défis en cette période de crise porte sur la prolifération de fausses informations sur la COVID-19.

Au Togo, dès la découverte des premiers cas de COVID-19, les réseaux sociaux ont été inondés par les fausses informations. Les groupes WhatsApp et Facebook se sont vus envahir par diverses publications (parfois sous forme de textes, vidéo, audio et images). Très rapidement des informations erronées ou tronquées ont été relayées par des internautes.

Certaines informations viennent des publications d’autres pays notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Ghana, etc. D’autres fausses informations proliférées au Togo proviennent généralement des Togolais vivant en Europe ou en Asie.

Cette même situation a été observée au Cap Vert ou la majorité des fausses informations provenaient de l’extérieure. Contrairement à la Guinée où la prolifération des fausses informations a été favorisée par le contexte politique tendu et les suspicions des populations vis-à-vis des autorités gouvernementales.

Alors que la prolifération massive des fausses informations dans plusieurs pays demeure encore un phénomène plus au moins nouveau, l’éruption des Fausses Informations en période de crise au Burkina Faso n’est pas un phénomène nouveau. Le Burkina Faso en a été victime depuis que le pays fait face à la menace terroriste qui a créé un environnement propice à la prolifération d’informations infondées. Le Burkina Faso est donc face à un cocktail composé du terrorisme et de la COVID-19, chacun avec son lot de rumeurs.

La propagation des fausses informations en cette période a été favorisée par le manque d’une stratégie de communications gouvernementales sur la pandémie dans certains pays, et les difficultés d’accès aux sources d’informations. Lors d’un webinaire sur la viabilité des Médias en Afrique de l’Ouest en cette période de crise sanitaire, le Président de l’Association Guinéenne des Editeurs de Presse Indépendante (AGEPI), Moussa Iboun Conte, a indiqué que «l’accès a l’information en cette période de COVID-19 relève d’un parcours de combattant». Le gouvernement organisait de façon sporadique les points de presse sans planning précis pour les médias. De pareilles situations ont été observées au Burkina Faso, au Niger, etc.

Au Cap-Vert par exemple les journalistes avaient des difficultés à obtenir et à confirmer les informations auprès des autorités sanitaires locales. Selon Sara Almeida du Jornal Expresso das Ilhas «Du côté des médias, il se peut que certaines informations soient inexactes, principalement en raison des difficultés de communication des autorités nationales et des difficultés qu’elles créent pour les journalistes en matière d’accès à l’information.

Le manque de précision et les inexactitudes étaient également dus, parfois, à la précipitation à donner les nouvelles ».

Au Burkina Faso, selon Aubin Guébré, rédacteur en chef de la télévision Bf1, «le gouvernement ne communiquait pas à temps et faisait de la discrimination dans le choix des médias». Il dénonce au passage, «l’exclusion de certains médias de la communication gouvernementale».

Les Tendances de Fausses Informations sur la COVID-19 en Afrique de l’Ouest :

Alors que la pandémie se propageait et que les efforts consentis à tous les niveaux de la gouvernance visaient à mettre en place un system de riposte, les fausses informations ont progressivement commencé à prendre de l’ampleur.

La majeure partie des fausses informations portaient sur l’origine de la maladie, les moyens de prévention, ainsi que l’existence d’un remède. En ce qui concerne l’origine de la maladie, au Niger par exemple, plusieurs fakes news qui ont inondé la toile indiquaient que la Covid-19 n’est rien d’autre qu’un complot de l’occident pour tuer les Africains.

Cependant, en raison du contexte politique tendu et des répressions gouvernementales sur les questions de la liberté d’expression en Guinée plusieurs fausses informations consistaient généralement à nier l’existence de la maladie ou à lui attribuer des remèdes non vérifiés. Selon Thierno Amadou Bonnet Camara, Directeur du site www.guinee114.com «certains acteurs politiques soutiennent que le coronavirus est juste un prétexte du Président de la République en vue d’étouffer les contestations de sa volonté de se maintenir au pouvoir au-delà de ces deux mandats».

Selon Mognouma Lamine Cissé, journaliste, animateur d’émission de débat à la radio Djigui, en Guinée, les informations qui démentent l’existence réelle de la maladie en Guinée viennent généralement des partis politiques de l’opposition qui y vois une volonté de les faire taire. Mognouma souligne «Ce sont les militants des partis politiques d’opposition qui participent beaucoup à notre émission en soutenant que le coronavirus est créé par le Gouvernement, le cumul de décès hospitaliers et le cumul de guéris sont inventés».

Alors que l’existence de la maladie en Guinée est rejetée de part et d’autre, la capitale guinéenne ployait sous le poids de fausses informations sur l’injection de patients avec du poison à l’hôpital Donka, le plus grand centre hospitalier de Conakry. Selon Saliou Kouyaté du journal ‘’ les Annonces de Guinée’’, «c’était effroyable car cela reste ancré dans la mentalité de beaucoup de ses compatriotes».

La région Ouest Africaine a également connue de fausses informations sur les remèdes de la COVID-19. Au Burkina Faso par exemple, lors des premières étapes de la propagation de la pandémie, le Faso Check, un site de fact-checking basé au Burkina Faso a enregistré plusieurs fausses nouvelles «sur la reconnaissance par l’Organisation mondiale de la santé de l’Artemisia comme remède contre la Covid-19» ou que «le tabac préviendrait la Covid-19» ou encore que «le cannabis soigne la Covid-19». L’initiative « Faso check» a aussi répertorié un lot de fausses nouvelles qui «soutient mordicus que consommer le piment fort prévient le Coronavirus».

Outres les fausses informations sur le virus, nombres de fakes news portaient également sur la riposte du gouvernement. Sur les réseaux sociaux au Burkina Faso par exemple circulait des fausses informations indiquant des subventions de «40 milliards mis à la disposition des artisans» ou «la levée du couvre-feu» décrété par le gouvernement burkinabè afin d’amortir le choc économique infligé par la pandémie de Covid-19. Une autre fausse nouvelle annonçait également «la reprise des activités pédagogiques le 12 mai 2020».

Impact des Fakes News sur les Médias

La prolifération de fausses informations en cette période de crise sanitaire au cours de laquelle le rôle des médias était crucial a porté un coup dur à l’industrie de la presse. L’abondance des fakes news a dangereusement impacté la crédibilité des médias traditionnels qui, après chaque information publiée ou relayée, se trouvaient dans l’obligation d’apporter un démenti.

Ainsi, les fake news ont beaucoup contribué à décrédibiliser les médias qui se contentent de prendre pour argent comptant tout ce qu’ils trouvent sur la toile.

En raison du manque d’information qui a favorisé la prolifération des fausses informations, Mamane Jaharou, Président de l’Observatoire Nigérien des Indépendant de l’Ethique et de la Déontologie dans les Médias (ONIMED), lors d’un webinaire organisé par la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA) sur la viabilité des médias en cette période de COVID-19 a souligné que «souvent, face aux fausses informations même les journalistes sont confus et ne savent pas vers où se vouer pour vérifier les informations».

Non seulement les fake news on conduit à la perte de crédibilité des médias, mais également nombres de professionnels de presse étaient confus dans le relai de l’information aux populations. Au Burkina Faso par exemple, le gouvernement a été parfois vecteur de fake news en raison d’une série d’information fausse communiqué à la population surtout suite au premier décès subvenu suite à la COVID-19.

Si la cause du décès a suscité des polémiques sur la gestion de la suite de l’événement, le gouvernement s’est fourvoyé. Sa communication a été émaillée d’informations erronées. Selon Touwendenda Zongo, Directeur de Publication du bimensuel Mutations «la communication du gouvernement a été un problème pour nous car on ne savait plus qui croire. On avait l’impression que tout était orienté à dessein et les journalistes se perdaient avec leurs sources».

Si les fausses informations ont ralenti voire bloqué le fonctionnement des entreprises de presse et affecté leurs crédibilités lors de la crise sanitaire de la COVID-19, les fausses informations ont perturbé également le bon déroulement de la campagne de sensibilisation du gouvernement contre le virus.

L’opération de dépistage d’envergure nationale, enclenchée par le Gouvernement en vue d’éradiquer cette pandémie en 60 jours en Guinée, a suscité une forte résistance chez les citoyens.

Selon Yamoussa BANGOURA de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, «certains chefs de famille ont préparé leurs membres à ne pas nous accepter sous le faux prétexte que nous y venions pour leur injecter du poison.»

La forte multiplication du nombre de malade en raison du relâchement des mesures barrières au sein de la population est fortement due à la propagation des fausses informations rejetant l’existence de la maladie.

Les Mesures adoptées contre les Fausses Informations :

Plusieurs actions ont été entreprises par divers parties prenantes en vue de limiter l’évolution des fausses informations sur la pandémie. C’est dans cette même veine que les acteurs de la société civile, regroupés au sein du conseil national des organisations de la société civile guinéenne, ont initié les campagnes d’information, de sensibilisation et d’éducation sur la propagation des fausses informations sur le coronavirus par le porte-à-porte particulièrement contre la fausse information assez répandue dans les communautés guinéennes sur l’injection des patients de la COVID-19 avec du poison à l’hôpital de Donka.

Les médias au Cap Vert se sont cramponnés aux pratiques de professionnalisme journalistique afin de fournir des informations crédibles aux citoyens. Selon Gisela Coelho, journaliste à A NAÇÃO «nous avons maintenu notre statut et notre code de déontologie éditoriale, qui est basé sur le journalisme de qualité et d’exactitude des informations divulguées, sous l’égide du principe du contradictoire, du croisement des informations et de la vérification des faits. Pendant la pandémie, nous avons cessé de publier certaines nouvelles en ligne comme en étant des scoops.»

Cette même tendance a été observée au Togo ou très vite les médias ont pris la mesure de la situation générale de la pandémie dans le monde devant les fausses informations qui circulaient. Les médias togolais ont donc réussi à faire la part des choses dans le traitement et la diffusion des informations liées au coronavirus. « j’ai toujours consulté les sources officielles notamment le site internet mis en place par le gouvernement togolais, la radio et la télévision nationale. Je me réfère toujours aux informations du gouvernement sur la maladie, car les vraies informations viennent de là. Je ne voudrais pas être victime des fakes news», affirme Nicolas KOUDOHAH, Directeur de Publication du journal ‘’Le Bâtisseur’’».

Le Togo ainsi que le Burkina Faso ont connu la création des sites de fact-checking ou vérifications des faits. Sur la période des quatre premiers mois de la pandémie au Togo (entre avril et juillet), Togocheck a traité 77 fakes news. La plupart tournaient autour des traitements, des faux remèdes de la COVID-19 et des prétendus vaccins contre ce virus. Faso check au Burkina Faso a été fortement actif afin de débusquer les fausses informations portant sur la pandémie.

Outre les initiatives spéciales, les médias dans la sous-région ont également organisé des séries d’émissions avec des experts ainsi que les autorités gouvernementales en vue de fournir des informations fiables aux citoyens.

Plusieurs gouvernements en Afrique de l’Ouest ont adopté diverses mesures en vue de fournir les informations crédibles aux populations. Les gouvernements du Bénin et du Togo ont par exemple créé des sites internet fournissant des informations en temps réel aux citoyens. Les autorités gouvernementales ont également organisé des conférences de presse de manière régulières. Par exemple, au Burkina Faso, le Service d’Information du Gouvernement (SIG) et le Centre des Opérations de Réponses aux Urgences Sanitaires (CORUS) ont organisé des conférences de presse avec les médias sur les cas de COVID-19 ainsi que sur les mesures adoptées par le gouvernement comme riposte à la crise.

Au niveau de la Mauritanie, le gouvernement a adopté une approche juridique au phénomène. L’Assemblée nationale a approuvé, le 25 juin 2020, une loi présentée par le gouvernement qui règlemente le domaine de la publication de fausse information sur les réseaux sociaux considérant qu’elle affecte la tranquillité publique et la paix civile surtout en ciblant les individus et les institutions. En présentant les raisons de la loi, le gouvernement a indiqué que son objectif est de lutter contre la manipulation de l’information en général, pendant les crises sanitaires, les périodes électorales et aussi d’autres formes quelle que soit leur nature en particulier.

Les sanctions prévues par la nouvelle loi varient de trois mois à cinq ans de prison ainsi que des amendes de 50 000 à 200 000 MRU (de 120 à 600 USD). La loi devra entrer en vigueur après sa publication au Journal officiel.

Conclusion

Le phénomène de fake news est devenu une hydre qui ne fais que prendre de l’ampleur. Ce phénomène dans le contexte actuel fragilise la politique nationale de riposte à la COVID-19. Sans l’implication de la classe politique, des médias ainsi que de toutes les parties prenantes en vue de constituer une ligne de front pour l’éducation et la sensibilisation des populations générales dans les langues nationales à tous les niveaux, la bataille sera perdue.

C’est dans cet ordre d’idée que nous recommandons aux parties prenantes clés les recommandations suivantes:

Aux Gouvernements :

– Adopter des politiques favorisant l’accès à l’information sur la pandémie ainsi que les mesures de ripostes

– Fournir de manière proactive les informations aux médias ainsi qu’au public

– Sensibiliser et publiquement décourager la production et publication des Fakes News.

– Informer et former les journalistes y compris les chroniqueurs religieux et journalistes locuteurs en langues nationales, sur les causes et modes de transmission de la COVID-19 afin que ces derniers puissent mieux informer et sensibiliser la population.

Aux Organisations de Développement des Médias :

– Organiser des formations périodiques à l’intention des journalistes sur le Fact-checking

– Former les journalistes et activistes de la société civile sur le recueil de textes locaux portant sur les Fakes News.

– Renforcer les compétences des journalistes sur les pratiques éditoriales et les exhorter à éviter la culture du scoop

Aux Médias

 – Vérifier à plusieurs reprises les informations avant publication,

– Créer des espaces ou opportunités de publier des démentis dans les cas où les informations publiées contenaient des erreurs et massivement publier ces démentis,

– Renforcer au niveau individuel les compétences de vérification des informations,

– Créer une liste des personnes ressources capables de confirmer les informations pertinentes avant leurs publications.

– Constamment débusquer lorsque nécessaire les fausses informations sur les réseaux sociaux ».




Togo/ Média : Fabrice Pétchézi succède à Aimé Ekpé à la tête de l’OTM

Le Directeur de Publication du journal « Le Libéral », Fabrice Pétchézi est élu ce vendredi 23 octobre nouveau président de l’Observatoire togolais des médias (OTM). Il succède ainsi à Aimé Ekpé à la tête du tribunal des pairs.

Elu pour un mandat de deux ans, le nouveau président de l’OTM s’est engagé avec son bureau composé de 5 membres, à travailler pour une presse beaucoup plus professionnelle au Togo à travers notamment le respect de l’éthique, de la déontologie et des règles de confraternité.

« Donc les premiers chantiers, c’est d’essayer de nous inscrire dans la logique de nos prédécesseurs qui se sont battus sans relâche pour pouvoir relever le niveau de la presse togolaise par des échanges avec les confrères sur les dispositions qui régissent notre profession. Ensuite il y a également un autre élément très important qui concerne la presse togolaise, surtout au niveau de la presse privée notamment les questions de confraternité. C’est aussi un chantier qui a retenu l’attention de tous mes prédécesseurs et c’est un élément sur lequel nous reviendrons encore au cours de ces deux ans », a déclaré Fabrice Pétchézi.

Composition du nouveau bureau de l’OTM :

Président : Fabrice Pétchézi

Vice Président : Blandine Tagba

Sécrétaire Général : Fidèle Louyah

Trésorière : Ambrosine Mémédé

Rapporteur : Narcisse Prince Agbodjan

Les Commissaire aux comptes :

Fioklou Adangblénou

Estelle Koudjonou




Togo : médias et société civile à l’école des fake news

« Infox, fake news et presse en ligne : quelle régulation ? » : c’est le thème au centre d’un atelier de deux jours qui réunit depuis ce mercredi à Kpalimé, des Hommes de médias, des communicateurs et responsables d’organisations de la société civile.

C’est une initiative de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) qui vise à permettre aux participants de distinguer le vrai du faux, et de pouvoir servir des informations crédibles aux populations.

Il s’agira  de sensibiliser les responsables de médias et de la société civile sur le phénomène des fake news, les méthodes de production et leurs conséquences dans la société.

Le président de la HAAC, M. Pitalounani Télou a expliqué que le but est de sonner l’alerte des effets dévastateurs des fake news dans la société. Selon lui, les journalistes doivent prendre le recul nécessaire devant une histoire dont ils n’ont pas été témoin.

Il fine, les réflexions devront permettre à l’Institution de pouvoir initier une législation en matière de lutte contre les fake news dans le pays.

Au Togo, l’exercice de la profession de journaliste, de technicien des médias et d’auxiliaire de presse est soumis au respect du Code d’éthique et de déontologie de la presse et des lois et règlements en vigueur.

La Rédaction




Togo : Des patrons de presse mieux outillés sur les mécanismes de lutte contre la Corruption

Une photo de famille des participants

Des patrons de presse privée et publique ont été mieux outillés sur les mécanismes de lutte contre la corruption au Togo, lors d’un atelier de formation de deux jours qui a pris fin ce samedi 29 août à Kpalimé (120 km au nord ouest de Lomé).

Initiée par l’Association Médias Togolais contre la Corruption et le Blanchissement (MéToCoB), en partenariat avec l’Office Togolais des Recettes (OTR), cette formation vise à renforcer les capacités des professionnels des médias sur les mécanismes de lutte contre la corruption dans le pays.

Pendant deux jours, les patrons de presse ont reçu un bonne dose  de connaissances sur plusieurs thématiques tels que : « l’information aux renseignements », « les méthodes d’investigation », « la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption au Togo : le cas de l’OTR », et « les rôles des organismes publics pour juguler le phénomène de la corruption au Togo ».

Créée le 01 Octobre 2019, l’Association Médias Togolais contre la Corruption et le Blanchissement, dont le siège se trouve à Lomé, a pour but de lutter contre toute forme de fraude, de corruption et infractions assimilées.

De notre correspondant à Kpalimé, Mensah ASSOGBAGUE




Togo/ Média : Richard Aziagué porté à la tête de l’association JDHO

Après 4 années de léthargie, l’Association Journaliste pour les droits de l’Homme (JDHO) renaît de ses cendres avec la mise en place ce vendredi d’un nouveau bureau présidé par le journaliste Richard Aziagué.

L’Association JDHO relance ainsi ses activités avec la nouvelle équipe de coordination composée de sept (07) membres.

Le nouveau président rassure de la bonne continuité des travaux et se dit prêt à relever les  nouveaux défis relatifs à la redynamisation de l’association.

« Nous remercions l’ancien bureau de qui nous héritons cette mine d’Or qu’est JDHO. Nous allons tout de suite remobilisée les membres étoffer le groupe avec de nouvelles adhésions. Nous allons relever les défis de l’heure en matière de droits humains », a indiqué Richard Aziagué.

« J’ai foi en ces jeunes. Ce n’est pour rien que je décide de laisser ma place à la jeune génération pour donner vie à cette organisation qui a menée beaucoup d’actions en faveur des Droits de l’Homme par la presse au Togo. Je reste persuader de laisser cette association à une jeune génération qui possède du potentiel », a pour sa part déclaré le Président sortant de JDHO, Carlos Kétohou.

La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant de la Haute Autorité de l’Audio-visuel et de la Communication (HAAC), Sabi Kassere et des responsables de plusieurs autres organisations professionnelles de presse.

Voici les membres du nouveau bureau :

Président : M. Richard AZIAGUE
Vice-Président: M. Midodzi AZIATO
Secrétaire général, chargé à la communication: M. Ambroise DAGNON
Secrétaire général, chargé à l’organisation: M. Patrick DEGBEVI
Trésorière: Mme Diane OLOBI
1er Conseiller: M. Gabriel Kpakpo BLIVI
2e Conseiller: M. Teddy AYIKA

David S.




Média : Tchagnao Arimiyao reconduit à la tête du CONAPP

Le Directeur de Publication du journal Nouvelle Opinion, Tchagnao Arimiyao a été réélu ce samedi président du Conseil national des patrons de presse (CONAPP) pour un nouveau mandat de deux (02) ans. C’était au cours d’une assemblée générale élective tenue à la Blue Zone de Cacaveli à Lomé.

Les membres de l’organisation présents à l’assemblée ont unanimement porté leur choix sur la liste de Tchagnao, qui était d’ailleurs la seule en lice.

Le président réélu a exprimé sa volonté de continuer par travailler avec l’ensemble des membres de l’organisation pour relever les différents défis qui s’imposent à la presse togolaise.

« Nous sommes réconfortés parce que tous les membres présents de notre organisation patronale sont satisfaits de ce que nous avons fait durant les 2 dernières années en nous reconduisant. Il y a encore beaucoup de défis à relever. Nous allons poursuivre le travail de professionnalisation des journalistes », a laissé entendre El-hadj Tchagnao Arimiyao.

Au rang des chantiers évoqués, la professionnalisation de la presse, la mise en place d’une imprimerie pour les membres du CONAPP, le lobbying pour une augmentation de l’aide de l’Etat à la presse entre autres.

Voici la composition du bureau du CONAPP :

Président : Arimiyao Tchagnao, Nouvelle Opinion

Vice-président chargé des télévisions : Fabrice Pétchézi, Libéral

Vice-président chargé des radios : Aimée Atana, Radio Azur

Vice-président chargé de la presse écrite : Dieudonné Korolakina, Togo Matin

Vice-président chargé de la presse en ligne : Joseph Gadah, Economie et Développement

Secrétaire général : Marc Aboflan, Elite d’Afrique

Secrétaire général adjoint : Eugène Bamazé, Radio Carré Jeune

Trésorier général : Patrick Blandé, Radio Zephyr

Trésorier général adjoint : Olivier Adja,  AfreePress

Conseiller chargé des relations extérieures : Michel Tchadja, Waraa Les Vainqueurs

Conseiller chargé des relations avec les médias de l’intérieur : Mochoud Boukary, Kozah média

Conseiller chargé de la promotion de l’éthique et de la déontologie : Joachim Loko, Dounia le Monde

La Rédaction




Pyramide Fm offre des masques et gel hydro alcoolique à l’ATOPPEL

La radio Pyramide Fm apporte son soutien à l’Association togolaise des organes de presse privée en ligne (ATOPPEL) en cette période de crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus.

300 masques et 48 bouteilles de gel hydro alcoolique : c’est en effet le don effectué ce mardi 05 Mai par la radio basée à Lomé, à l’endroit de cette organisation professionnelle de presse au Togo.

Le Président directeur général de Pyramide Fm, M. Germain Wona a expliqué qu’il s’agit d’un geste qui vise à accompagner les acteurs de la presse en ligne dans la protection contre le Covid-19. « La presse en ligne fait un travail remarquable qu’il  faut soutenir », a-t-il ajouté.

En réceptionnant le lot de matériel, la présidente de l’ATOPPEL a remercié le donateur pour cette marque de soutien. « Depuis le début de la pandémie c’est la première fois qu’un média soutient d’autres », a relevé Mme Hélène Doubidji.

David S.




Média : l’OTM publie un nouveau rapport sur l’état de la presse au Togo

A l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse pour le compte de cette année 2020, l’Observatoire togolais des médias (OTM) a publié un nouveau rapport sur la l’état de la presse au Togo sur la période allant du 03 Mai 2019 au 03 Mai 2020.

Il faut souligner que la journée mondiale de la liberté de la presse permet de célébrer le 03 Mai de chaque année, les principes fondamentaux de la liberté de la presse. Elle permet également de faire le point sur la liberté d’expression dans le monde et de rendre hommage aux journalistes qui ont été attaqués ou qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession.

Nous vous proposons l’intégralité du rapport de l’OTM :

INTRODUCTION

Le 03 mai de chaque année depuis 1993, la Journée Internationale de la liberté de Presse est célébrée de par le monde. Au Togo, les professionnels des médias ne dérogent pas à la tradition. Cette date est une occasion pour les journalistes, techniciens de la communication, auxiliaires de presse et responsables des médias de faire le bilan des douze derniers mois de l’exercice, en termes d’avancées ou de reculs du nombre des médias, de dérapages dans les publications et diffusions, d’atteintes à la liberté de presse, de rapports entretenus entre les professionnels des médias eux-mêmes et avec les autres acteurs de la vie nationale. Dans notre pays comme partout ailleurs, c’est l’instance d’autorégulation, tribunal des pairs qui se charge de cette mission de bilan collectif. L’Observatoire Togolais des Médias (OTM), à l’occasion, formule des recommandations qui permettront à chaque acteur de faire son autocritique en vue d’améliorer l’exercice et le respect de la liberté de presse.

Du reste, la célébration 2020 de la Journée Internationale de la liberté de Presse placée sous le thème « Le journalisme sans crainte ni complaisance », interpelle à plus d’un titre les professionnels des médias sur leurs rôles aux côtés des populations surtout en cette période de pandémie de la COVID-19.

Avec cent quatre-vingt (180) titres de presse, 83 stations de radios, neuf (9) chaînes de télévision et une centaine de médias en ligne, le Togo dispose d’un paysage médiatique foisonnant, avec des organes de presse et d’information aux contenus diversement appréciés par le public. Au dernier classement de Reporter Sans Frontières sur la liberté de presse, le Togo occupe le 71ème rang sur 180 pays classés, engrangeant ainsi 5 places par rapport à 2019. Ce qui prouve, s’il en était encore besoin, qu’il y a des avancées en dépit des difficultés de toutes sortes.

 

I- L’EXISTANT

1- Médias audiovisuels

 

L’échiquier médiatique de l’audiovisuel au Togo est assez fourni avec 83 stations radios et de 9 chaînes de télévisions dont :

  • 6 radios d’Etat (deux publics, Radio Lomé et Radio Kara qui couvrent toute l’étendue du territoire et quatre radios rurales émettant à Notsè, Pagouda, Dapaong et Kévé) ;
  • 35 radios commerciales ;
  • 21 radios communautaires ;
  • 21 radios confessionnelles ;
  • 11 nouvelles fréquences radios autorisées, le 31 décembre 2019, à émettre avant 2021 à l’issue d’un appel d’offres.
  • Sur les 9 chaînes de télévisions émettant au Togo on compte une télévision publique et 8 privées.

La couverture nationale de l’audiovisuel est très inégalement répartie. En effet, plus du quart des radios privées (25) émettent dans la capitale et ses environs de même que la totalité des chaînes de télévision, toutes évoluant dans un espace exigu et très concurrentiel.

2- Presse écrite et en ligne

Environ, 180 organes de presse paraissent plus ou moins régulièrement, dont :

Un organe public (quotidien national Togo-Presse) ;

des parutions indépendantes (quotidiens, bihebdomadaires, hebdomadaires, bimensuels, mensuels …) ; des publications institutionnelles.

Aujourd’hui, la majorité des médias papiers font l’effort de se doter de version en ligne ou du moins se mettre en ligne avec des articles jugés importants.

Dans la catégorie spécifique de la presse en ligne, On compte :

3 agences de presse dont une agence de presse publique (Agence Togolaise de Presse) et deux privées (savoirnews, afreepress) une centaine de sites d’information

3- Autres médias

Il s’agit des représentations d’agences et médias internationaux (RFI, BBC, Reuters, Africa 24, la Voix d’Amérique, l’AFP, PANA Press, Xinhua etc.), des blogs et des médias sociaux.

4- Organisations de presse

Malgré la recommandation des états généraux de la presse tenus à Kpalimé en juin-juillet 2014 exhortant les acteurs des médias à constituer une seule organisation de patrons de presse et une autre pour les employés, une dizaine d’organisations professionnelles et un observatoire animent la vie médiatique au Togo.

Au niveau des médias publics, on dénombre deux syndicats : le Syndicat des Agents de l’Information, Techniciens et Journalistes des Organes Publics (SAINTJOP) et le Syndicat Libre de la Communication (SYNLICO).

S’agissant des médias privés, l’on note :

– des organisations patronales, notamment le Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP), le Patronat de la Presse Togolaise (PPT), le Conseil Togolais des Editeurs de Presse (CTEP); l’Union des Radios et Télévisions Libres (URATEL), l’Union des Télévisions Privées (UTEP), l’Association Togolaise de la Presse Privée en ligne (ATOPPEL) et l’Organisation de la Presse en Ligne (OPEL).

– une organisation syndicale qui est le Syndicat des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT).

Une association regroupant l’ensemble des professionnels des médias, notamment l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT).

Enfin, il y a l’Observatoire Togolais des Médias (OTM) qui est l’instance d’autorégulation et tribunal des pairs où siègent les organisations les plus représentatives.

Aux côtés de toutes ces organisations professionnelles, il existe des regroupements thématiques de journalistes tels que les réseaux et unions dans divers domaines.

5- Régulation des médias

La régulation des médias au Togo est sous la responsabilité de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) alors que l’autorégulation est assurée par l’Observatoire togolais des médias (OTM) qui est le Tribunal des pairs mis en place par les journalistes eux-mêmes.

Les deux organes s’autosaisissent en cas de publications ou diffusions qui violent l’éthique et la déontologie. Ils reçoivent, traitent et règlent les plaintes des citoyens qui les saisissent sur des sujets jugés préjudiciables, conformément au Code de déontologie des journalistes du Togo et au Code de la presse et de la communication. En ce qui concerne les plaintes, le système de corégulation qui existe entre la HAAC et l’OTM veut que sur certains sujets, l’instance d’autorégulation règle en première instance et que l’institution de régulation statue en dernier ressort.

6- Législation

Le secteur de la presse et de la communication au Togo est régulé par des textes législatifs, réglementaires et associatifs. Il s’agit essentiellement du Code de la presse et de la communication en République togolaise, de la loi organique sur la HAAC, du règlement intérieur de la HAAC, du Code de déontologie des journalistes du Togo, bréviaire de l’OTM. Mais il y a aussi les statuts et règlements des organisations, syndicats et associations de presse. Tous ces textes sont coiffés par la Constitution de da IVème République qui consacre la liberté de presse reconnue et garantie par l’Etat et protégée par la loi (Art 26).

 

L’un des faits majeurs au sein du monde médiatique togolais durant les douze derniers mois demeure sans nul doute l’entrée en vigueur d’un nouveau Code de la presse et de la communication, concrétisée par la loi n° 2020-001 du 07 janvier 2020 relative au code de la presse et de la communication en république togolaise, adoptée par l’Assemblée nationale le 30 Décembre 2019. Résultat de l’une des recommandations des états généraux, le nouveau code, fort de 181 articles, apporte des innovations majeures ; il prend en compte les conditions de création et d’exploitation des sociétés de presse en ligne (articles 132 et suivants). Ce code fixe également les conditions de création, le statut et la typologie des structures de presse qui seront désormais des sociétés de presse créées et fonctionnant conformément aux dispositions de l’Acte uniforme de l’OHADA.

Les qualités du journaliste et du technicien média changent drastiquement surtout en ce qui concerne les qualifications et l’expérience. Le nouveau code crée une nouvelle classification en faisant intervenir la notion d’auxiliaire de presse qui regroupe les producteurs, les animateurs, les cameramen, les réalisateurs, les maquettistes, les photographes de presse, les dessinateurs de presse, les preneurs de sons, les rédacteurs traducteurs, les sténographes rédacteurs, les documentalistes de presse, les correcteurs de presse, les reporters-photographes, les graphistes et spécialistes de la publication assistée par ordinateur, les caricaturistes, les assistants de production, les scénaristes, les scriptes, les chroniqueurs animateurs, les animateurs en langue nationale et tous les autres métiers apparentés. En tout état de cause, le nouveau code indique que « la qualité de journaliste professionnel, de technicien des médias ou d’auxiliaire de presse n’est attestée et constatée que par la détention d’une carte de presse, d’une carte de technicien de presse ou d’une carte d’auxiliaire de presse » (art.20).

Le nouveau code consacre également l’Observatoire Togolais des Médias (OTM), organe créé par les professionnels des médias, comme l’organe d’auto-régulation de la presse et de la communication (Art .61). L’OTM a pour mission principale de garantir le respect des règles d’éthique et de déontologie dans les médias. Les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’organe d’autorégulation sont fixées par ses statuts et son règlement intérieur.

7- Soutien de l’Etat à la presse

Le soutien de l’Etat à la presse est multiforme mais la partie la plus visible est l’appui financier de l’Etat à la presse, qui est versé aux médias privés chaque année. Dotée de 100 millions de FCFA, cette subvention qui était jugée très insuffisante par les bénéficiaires, vient d’être portée à 150 millions FCFA. Aux états généraux de la presse tenus en 2014, il a été recommandé que cette aide puisse être portée à 800 Millions de FCFA au regard des difficultés que traverse la presse privée.

Le nouveau code prévoit par ailleurs un fonds de soutien et de développement de la presse (article 55).

 

II- RELATIONS ENTRE MEDIAS OU JOURNALISTES ET LES INSTITUTIONS

 

1- OTM

 

L’OTM se félicite de l’amélioration de ses rapports avec les journalistes qui sont désormais prompts à répondre à ses invitations. L’Observatoire a oeuvré au règlement à l’amiable de certains conflits nés entre des professionnels des médias et des citoyens ou entités morales. Ainsi, des différends qui auraient pu être portés devant les tribunaux ont été réglés à l’amiable grâce au plaidoyer de l’Observatoire.

L’OTM dans ses démarches, a pu éviter des conséquences dommageables à certains confrères convoqués par le Service Central des Recherches et d’Investigations Criminelles (SCRIC) de la gendarmerie.

2- HAAC

Cordiales depuis l’année dernière, les relations avec avec la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication sont devenues quelque peu tendues ces deux derniers mois suite aux sanctions contre les journaux « L’Alternative », « Liberté » et « Fraternité » dans l’affaire de plainte de l’Ambassadeur de France au Togo, Marc Vizy contre les deux premiers et celle d’outrage du troisième à la HAAC accusée d’obéir à la volonté du diplomate français. Mais selon la HAAC, les deux organes n’ont pas « respecté les règles professionnelles, violant de ce fait les dispositions du Code de déontologie des journalistes du Togo ».

3- Autres institutions de la République et partis politiques

Les relations entre les médias, le gouvernement et les acteurs politiques au cours des douze derniers mois sont au beau fixe, surtout avec la bonne couverture médiatique des différentes élections (législatives, locales et présidentielle) et de la crise sanitaire liée au coronavirus COVID-19.

4- La confraternité

L’exercice de la profession de journaliste au Togo, du 3 mai 2019 au 3 mai 2020 n’a pas laissé transparaître des liens conflictuels entre les professionnels des médias, du moins par médias interposés. Seules des situations relationnelles ont été réglées par l’OTM. Toutefois, il y a lieu de dénoncer l’usage des réseaux sociaux par certains professionnels des médias pour s’en prendre à leurs confrères.

 

III- LES DERAPAGES

 

En dépit d’une meilleure application des règles déontologiques et éthiques par les médias durant l’exercice 2019-2020, des violations ont été enregistrées autant sur des chaines audiovisuelles que dans la presse écrite et en ligne. En dehors de celles qui ont donné lieu à des auditions sur plaintes ou auto-saisines, les autres ont juste fait l’objet de rappels à l’ordre verbaux par l’institution de régulation (HAAC) et l’instance d’autorégulation (OTM).

Il faut signaler que la HAAC a organisé des monitorings spéciaux durant les différents scrutins. L’OTM l’a fait à l’occasion de l’élection présidentielle du 22 février 2020.

3.1 –Au niveau de la HAAC

En plus des auditions en vue de publication des rectificatifs dans plusieurs journaux, la HAAC a eu à faire des mises en garde à deux journaux pour diffusion de propos mensongers, de fausses informations et diffamation suivie de la publication des droits de réponses. Trois autres journaux ont écopé de suspension allant de deux semaines à deux mois.

Dans la presse audiovisuelle (02) cas ont été traités dont une radio et une télévision. La Télévision Togolaise (TVT), en diffusant le communiqué du Ministre de la sécurité et de la protection civile concernant les multiples accidents graves de la circulation survenus dans le pays, a montré des images choquantes d’enfants décédés à visages découverts. Ceci est en violation de l’article 13 du Code de déontologie et d’éthique du journalisme et de l’article 3 alinéas 1 et 2 de la loi organique relative à la HAAC. La Radio communautaire Carré Jeune (RCJ) anime tous les mardis à 16h une émission à caractère politique dénommée « Une heure pour convaincre » au cours de laquelle la parole est donnée aux représentants de partis politiques et à d’autres personnalités pour débattre de l’actualité du pays, ceci en violation des articles 34 et 35 de l’arrêté n° 05/HAAC/19/P portant cahier des charges et obligations des radiodiffusions sonores et télévisions communautaires.

Dans la presse en ligne, deux organes ont focalisé l’attention des services techniques de la HAAC, compte tenu des violations répétées des règles déontologiques, éthiques et professionnelles. Le 11 novembre 2019, le journal en ligne « télégramme228.com » a publié une chronique d’un citoyen en contravention des articles 62 et 88 du Code de la presse et de la communication, interdisant les attaques contre les Institutions de la République. « icilome.com » du 28 octobre 2019 s’est quant à lui rendu coupable d’attaque contre les personnes physiques et morales en relayant les appels lancés par un mouvement de la société civile en violation de l’article 1 du Code de déontologie des journalistes du Togo.

En août 2019, la HAAC a procédé à l’audition des diffuseurs d’informations sur des supports inappropriés dans la Préfecture de l’Avé, à l’intention de la population. Deux structures étaient concernées : le Centre de communication N’tifafa d’Aképé, situé au niveau de l’Eglise catholique de la localité et le Centre de communication Emmanuel de Noépé qui se sont vus interdire la diffusion d’informations sur supports inappropriés à l’intention de la population.

3.2- Au niveau de l’OTM

Du 03 mai 2019 à ce jour, l’OTM a enregistré huit (8) plaintes, tenu six (6) audiences et organisé douze (12) séances de conciliation sur plaintes ou auto saisines. Il s’est agi des problèmes d’éthique et de déontologie notamment la diffamation par presse interposée. Ainsi, des Directeurs d’organes ont été écoutés pour non-respect des règles professionnelles, d’atteinte à l’honneur, de publication de fausses informations, etc.

L’OTM est intervenu pour régler des situations délicates dans lesquelles des journalistes ou directeurs de publication ont été empêtrés devant la justice. L’observatoire à travers son président a directement pris langue avec les plaignants pour un règlement à l’amiable, quand bien même ceux-ci avaient déjà engagé des procédures judiciaires. Aucune sanction n’a été prise durant l’exercice par l’OTM qui a plutôt privilégié la démarche pédagogique.

 

IV- LES ATTEINTES A LA LIBERTE DE PRESSE

 

Au regard de l’activité politique relativement fournie au cours des douze derniers mois, l’on peut se réjouir du fait que la liberté de presse n’a pas été trop ébranlée. Cependant, on dénombre quelques atteintes à la liberté de presse.

Le 21 avril 2020, des journalistes couvrant l’interpellation sur ordre du Procureur de la République, de M. Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, candidat arrivé en 2ème position selon les résultats officiels de l’élection présidentielle du 22 février 2020, ont été violentés par des forces de l’ordre. Certains ont vu leur moyen de déplacement emportés. D’autres ont été tenus à distance du théâtre des opérations et dispersés à coup de gaz lacrymogènes. Un autre journaliste a été même arrêté et conduit dans les locaux de la gendarmerie où il a passé une nuit avant d’être libéré le lendemain.

faut signaler aussi que des journalistes ont été menacés de mort par des militants se réclamant du parti politique ANC, après une émission sur la radio Kanal Fm, pour avoir critiqué les propos de leur leader et fait des analyses en sa défaveur.

 

V- LES RECOMMANDATIONS

1- Journalistes et médias

  • Respecter les dispositions du Code de la Presse et de la Communication et celles du Code de déontologie des journalistes du Togo.
  • Elaborer et respecter une grille de programme (audiovisuel).
  • Honorer les engagements vis-à-vis des autorités de régulation.
  • Clarifier la situation professionnelle du personnel.

2- Organisations professionnelles des médias

  • OEuvrer à la signature de la convention collective.
  • OEuvrer à la mise en oeuvre des recommandations des états généraux de la presse quant à l’union des organisations de presse.

 

3- Instance d’autorégulation et institution de régulation

  • Amener les professionnels des médias à s’approprier et à respecter le Code de déontologie et le Code de la presse et de la communication.
  • Encourager les organisations de presse à l’union.
  • Alléger les conditions pratiques d’obtention de la carte de presse (pièces à fournir et montant).

4- Gouvernement

  • Donner une meilleure visibilité aux médias publics et oeuvrer pour qu’ils deviennent des offices.
  • Assurer la formation des journalistes.
  • Accorder une aide spéciale substantielle à la presse en période électorale ou de crise.
  • Assurer davantage la protection des journalistes dans l’exercice de leur fonction.
  • Augmenter le montant de l’aide de l’Etat à la presse.
  • Prendre les décrets d’application du nouveau code de la presse et de la communication.

5- Autres acteurs de la scène nationale

  • Respecter les lignes éditoriales des organes de presse et d’information.
  • Eviter d’appeler ou d’exhorter les militants et/ou manifestants à s’attaquer aux professionnels des médias partout ailleurs pour leurs publications, diffusions ou commentaires médiatiques.
  • S’abstenir des traitements inhumains et dégradants sur les journalistes dans l’exercice de leur fonction.

 

CONCLUSION

Trente ans après la libéralisation de la presse et seize ans après la dépénalisation des délits de presse, les médias togolais poursuivent leur chemin et assument leur part de rôle dans la construction de l’Etat de droit en offrant un contenu diversement apprécié par le public.

L’année écoulée a été particulièrement marquée par l’adoption d’un nouveau code de la presse et de la communication qui prend en compte les défis médiatiques liés au numérique et à l’avènement de nouveaux médias. Ce code comporte des innovations faisant une place à l’OTM et annonce la réorganisation des structures de presse. Onze nouvelles fréquences radios ont été attribuées par la HAAC fin décembre 2019.

Si dans l’ensemble on peut se féliciter d’une cordialité relative entre les journalistes et les institutions de la République, les dérapages ont été relevés au niveau des médias de même que les atteintes à la liberté de la presse. De manière générale, la configuration de l’échiquier médiatique est à l’image de la situation politique du pays. La liberté d’expression demeure une quête permanente. Si les pouvoirs publics, les journalistes, les médias, les organisations professionnelles des médias, chacun en ce qui le concerne jouait sa partition, la liberté de presse serait davantage au service du développement du pays.

Fait à Lomé le 3 mai 2020