La CEDEAO préoccupée par la crise sociopolitique au Togo

La CEDEAO préoccupée par la crise sociopolitique au Togo

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Marcel Alain de Souza, Président de la Commission de la CEDEAO
Marcel Alain de Souza, Président de la Commission de la CEDEAO

La situation sociopolitique actuelle du Togo ne laisse pas indifférent la communauté sous régionale, d’autant plus que le Chef de l’État Faure Gnassingbé est l’actuel président en exercice de la CEDEAO. Une délégation de l’organisation sous régionale conduite par son président Alain Marcel de Souza séjourne actuellement au Togo pour échanger avec les acteurs de la classe politique.

La délégation a eu à rencontrer les principaux acteurs politiques, le Gouvernement et autres acteurs de la société civile avant de faire ce mercredi, le point de ces consultations au Chef de l’État.

Selon Marcel de Souza, il y a une volonté de dialogue pour faire aboutir les réformes essentielles notamment celles portant sur la limitation du nombre de mandats, le mode de scrutin à deux (2) tours et le vote de la diaspora. Cependant, note-t-il, le grand problème est la crise de confiance qui règne entre les différents acteurs.

« Pour qu’on puisse faire les réformes, il faut que les 4/5 des députés c’est-à-dire 73 députés. Or, la mouvance UNIR en a 62 et nous devons voir dans quelle mesure certains députés de l’opposition peuvent s’ajouter à eux pour que les réformes soient rapidement engagées et adoptées par le Parlement. Au cas où le parlement ne les adopterait pas, il y a encore la voie référendaire mais nous avons encore besoin là de 2/3 des députés. Mais cette voie paraît longue et il peut encore avoir des manifestations de rue », a fait savoir le Président de la Commission de la CEDEAO avant d’appeler les politiques à faire économie d’affrontement : « Nous avons noté que toutes les crises et les affrontements finissent par le dialogue autour d’une table. Pourquoi ne pas faire l’économie des affrontements qui se terminent par le bain de sang ? ».

Marcel de Souza a appelé la classe politique à plus de retenu et a en outre promis l’accompagnement de la CEDEAO pour que les réformes souhaitées aboutissent par voie de dialogue. « Nous allons travailler aux côtés du gouvernement pour que des concessions soient faites afin qu’on puisse parvenir à l’alternance et aux réformes souhaitées, par la voie du dialogue. Donc, nous tenons à ce que la montée des revendications, les enchères, soient ramenées à des dimensions raisonnables pour que nous demeurions républicains », a-t-il indiqué.

Le Togo traverse actuellement une crise sociopolitique. Ces derniers jours, le pays a connu de nombreuses manifestations de rue à l’appel de l’opposition qui réclame des réformes politiques avec la limitation du mandat présidentiel, les élections à deux tours, et le vote de la diaspora entre autres. Un projet de loi a été introduit dans ce sens par le Gouvernement à l’Assemblée nationale, lequel projet devrait être examiné d’ici vendredi.

Cris DADA