Célébration de la journée du 08 Mars : L’AFJT élève la voix...

Célébration de la journée du 08 Mars : L’AFJT élève la voix contre les fouilles corporelles des femmes à la prison civile de Lomé

SHARE
Des membres de l’AFJT
Des membres de l’AFJT
image_pdfimage_print

« Les violences faites aux femmes et aux filles : cas particulier des fouilles corporelles de la prison civile de Lomé » : c’est le thème au centre d’une conférence débat organisée ce vendredi 08 Mars à Lomé par l’Association des Femmes Juristes du Togo (AFJT) pour célébrer l’édition 2019 de la journée internationale de la femme au Togo. Occasion pour les femmes juristes regroupées au sein de cette organisation d’élever encore une fois leurs voix contre ces pratiques qu’elles considèrent comme des actes d’humiliation et contre nature.

Les  faits remontent au 04 décembre 2018 où des femmes en visite à leur proche à la prison civile de Lomé ont été victimes de fouilles corporelles de la part du corps des surveillants de prison. Selon les témoignages rapportés par la présidente de l’AFJT, Mme Emilie Azibli Epouse Wolou, il a d’abord été demandé aux femmes de se mettre nues avant qu’elles ne fassent l’objet de fouilles corporelles avec introduction de doigts dans les parties intimes. Les auteurs de ces fouilles avaient justifié leur acte par le fait que certaines femmes font passer à leur proche en prison, de la drogue cachée dans leurs parties intimes.

L’affaire a fait grand bruit en décembre dernier et à l’occasion de la célébration de cette journée du 08 mars dédiée aux droits de la femme, l’Association des Femmes Juristes du Togo a voulu reposer le débat afin que ces pratiques ne se reproduisent plus, même si selon les premiers responsables de  l’administration pénitentiaire, ces genres de fouilles ont cessé.

La conférence débat s’est en effet déroulée en présence du Directeur de l’administration pénitentiaire et des responsables du corps des surveillants de prison qui ont saisi l’occasion pour présenter leurs excuses à l’opinion, avant de rassurer que les auteurs répondront de leurs actes, même si ce sont des agents féminins.

« Nous estimons que c’est un cas de violation très grave des droits de la femme, c’est pour cela que nous avons voulu en parler et l’objectif en réalité, c’est que ces genres de choses ne se reproduisent plus. Nous voudrions alerter le gouvernement à travers le ministère de la justice sur la question », a indiqué la présidente de l’AFJT. Selon elle, des actions sont en cours afin qu’une plainte soit déposée contre les auteurs.

« En fait la fouille corporelle en soit est légalisée. Et selon la loi, on peut palper, toucher les femmes etc… On peut également avoir des appareils qui permettent de détecter si une femme a par exemple de la drogue sur elle. Mais aller jusqu’à mettre des femmes qui sont responsables et mères de famille à nues et commencer par mettre des doigts dans leurs parties intimes comme quoi on est en train de chercher de la drogue, nous estimons que c’est trop. Ces actions sont punies par la loi, ce sont des agressions sexuelles », a expliqué Mme Emilie Wolou.

Les débats ont permis aux uns et aux autres de mieux comprendre les différentes formes de violences faites aux femmes et les conséquences sur les victimes.

David SOKLOU