Des pintades pour lutter contre insectes ravageurs et fertiliser le sol

Des pintades pour lutter contre insectes ravageurs et fertiliser le sol

SHARE
Des pintades (Image d’illustration)
image_pdfimage_print

Domovir Bagolo sifflote son morceau préféré tout en désherbant soigneusement son champ de maïs. L’agricultrice de 52 ans tient une houe dans une main et transporte les mauvaises herbes de l’autre. Son maïs pousse bien, et elle n’utilise aucun engrais chimique.

Madame Bagolo épand de la fiente de pintades sur son lopin de trois acres afin d’améliorer la fertilité du sol. Elle déclare : « L’agriculteur doit toujours ramasser le fumier dans le poulailler des pintades chaque matin. »

Sa volée de pintades l’aide aussi à lutter contre les organismes nuisibles comme les foreurs des tiges. Comme la pintade mange les foreurs des tiges, elle n’utilise plus de pesticides.

Madame Bagolo vit à Lassia Tuolu, un village du district ouest de Wa, dans la région du Haut Ghana occidental. Cela fait trois ans qu’elle se sert des pintades pour améliorer la fertilité du sol et combattre les foreurs des tiges.

Madame Bagolo applique la fiente de pintade en guise de fumier sur son champ, ce qui lui permet d’économiser sur l’achat des engrais chimiques, dont neuf sacs coûtent 435 cedis ghanéens (84 $ US). Elle fait sécher la fiente et la conserve dans des sacs en attendant d’épandre le fumier, trois mois avant les labours.

Pour combattre les insectes foreurs des tiges, madame Bagolo raconte que lorsqu’elle voit des insectes, elle introduit simplement sa volée de pintades dans le champ et celles-ci mangent les foreurs des tiges qui attaquent le maïs.

Elle a découvert cette pratique par hasard. Elle explique : « J’ai découvert cette méthode le jour où j’ai oublié de fermer la porte du poulailler de mes pintades. Elles se sont échappées dans le champ et ont commencé à manger les foreurs des tiges. »

Autrefois, madame Bagolo pulvérisait des pesticides pour combattre les foreurs des tiges, mais, à ses dires, non seulement les pesticides coûtaient cher, mais ils étaient également dangereux. Elle ajoute : « Il faut 25 cedis ghanéens (5 $ US) pour obtenir une bouteille de pesticide et j’achetais quatre bouteilles pour pulvériser tout mon champ. De plus, c’est dangereux pour les êtres humains. La pulvérisation du champ en entier prend également beaucoup de temps. »

Paul Daabayire est l’agent de vulgarisation agricole de la région. Il déclare : « Les fientes de pintades contiennent de l’azote, du phosphore et du potassium qui fournissent au sol les éléments nutritifs nécessaires. Les deux pratiques consistant à utiliser les fientes comme fumier et les volailles pour combattre les foreurs des tiges sont faciles, avantageuses et moins coûteuses. Les agriculteurs n’ont pas besoin de beaucoup de connaissances pour mettre en œuvre ces pratiques. »

Cependant, monsieur Daabayire conseille aux agriculteurs et aux agricultrices de vacciner régulièrement les pintades, car elles sont exposées à un environnement ouvert lorsqu’elles luttent contre les foreurs des tiges. Il déclare : « La maladie la plus courante chez la volaille, à savoir la maladie de Newcastle, est très dangereuse et il faut être très prudent pour garder les pintades en bonne santé. »

Gbabura Frank est un autre cultivateur de maïs du district ouest de Wa qui élève des pintades et qui songe à adopter les pratiques de madame Bagolo. Monsieur Frank a 13 pintades.

Il déclare : « Cela fait quatre ans que je cultive du maïs, mais j’ai un problème de foreurs des tiges. Je n’épands pas non plus d’engrais chimique sur ma terre, car je n’ai pas les moyens d’en acheter. J’ai décidé d’adopter la technique de la pintade lors de la prochaine saison agricole pour accroître mon rendement de maïs. »

Les agriculteurs et es agricultrices dépensent environ 25 cedis ghanéens (5 $ US) pour acheter une pintade et il leur faut environ 30 volailles par acre pour obtenir assez de fumier et lutter contre les foreurs des tiges.

Depuis qu’elle utilise le fumier de pintade, la production de madame Bagolo a plus que doublé. Elle déclare : « Pendant les trois dernières années, [ma] production a augmenté. Je suis passée de trois sacs de maïs de 50 kilogrammes chacun à sept sacs par acre ».

Source : Radios Rurales Internationales