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Désarmement : L’édition 2022 du « mois de l’amnistie en Afrique » lancée au Togo

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Le ministre Robert Dussey (au micro) lors de la cérémonie
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L’édition 2022 du mois de l’amnistie en Afrique a été officiellement lancée ce lundi 05 septembre à Lomé par le ministre togolais des affaires étrangères, Prof. Robert Dussey. Il s’agit d’un évènement qui se situe dans le cadre de l’initiative « Faire taire les armes » du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA).

C’est la première fois que cet important évènement se tient en dehors du siège de l’Union africaine, sur décision du CPS de l’Union africaine de lancer  désormais  la célébration du  mois de l’amnistie dans un État membre.

L’initiative devrait permettre de contribuer à l’atteinte de l’objectif fondamental voulu à savoir, contribuer à  faire taire les armes en Afrique conformément à l’agenda 2063 de l’UA.

Il s’agit de susciter une  prise de conscience générale et soutenue de l’impact  négatif de l’usage incontrôlé des armes à feu, et de  l’importance de limiter leur prolifération ainsi que leur circulation illicite.

Photo de famille

La commémoration consiste à encourager les civils à remettre volontairement les armes illicites en leur possession sous réserve d’anonymat et d’immunité de poursuites. En outre, elle vise également à promouvoir les programmes de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration (DDR), ainsi qu’à encourager la participation de la société civile africaine (notamment les jeunes et les femmes, les organisations non gouvernementales, les organisations confessionnelles, le secteur privé et les médias) afin de promouvoir entre autres, la remise des armes à feu illicites par les civils pendant le Mois de l’Amnistie en Afrique.

Le ministre Robert Dussey a expliqué que la mise en place d’un mois de l’amnistie trouve son fondement dans le contexte sécuritaire africain où les conflits persistent malheureusement, alimentés par des facteurs multiformes et par la tendance des civils à acquérir des armes pour se protéger.

« Cette situation est exacerbée par le fléau de la prolifération et de la circulation des armes, notamment les armes légères et de petit calibre (ALPC) qui sont malheureusement vecteur d’insécurité sur notre continent lorsqu’elles tombent entre les mains des individus sans foi ni loi », a-t-il indiqué, précisant que depuis qu’elle a été instituée en 2017, cette célébration a permis de faire des progrès notables dans la collecte des armes illicites dans différents pays à travers des programmes divers.

« Toutefois, malgré des succès enregistrés çà et là, il est indéniable que des défis se posent toujours frontalement à nos pays car, selon les statistiques, plus de 40 millions d’armes illicites circulent toujours sur nos territoires et sont à l’origine de plus de 500 000 morts par an. Ceci constitue une source de préoccupation majeure et vous conviendrez avec moi que nous n’avons d’autres options que de redoubler d’efforts pour relever ces défis qui constituent de sérieux obstacles annihilant le développement de nos Etats », a fait savoir le patron de la diplomatie togolaise.

Dans le cadre de cette  célébration, une opération de destruction symbolique d’armes a été effectuée, traduisant les efforts du Togo et son engagement à lutter contre la circulation irrégulière des armes.

Faire taire les armes en Afrique

La cérémonie de lancement a été également marquée par une intervention de l’Ambassadeur Amma A. Twum-Amoah, Représentante permanente de la République du Ghana auprès de l’Union africaine et Présidente du CPS pour le mois de septembre 2022.

Plusieurs personnalités du Togo de même que de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), des Nations unies, du Centre régional sur les armes légères (RECSA) et d’autres parties prenantes au Togo, notamment les organisations de la société civile, les médias, le secteur privé et les organisations confessionnelles prennent également part aux travaux prévus pour durer trois jours.

Mme Amma Twum-Amoah a également échangé avec la presse dans l’après midi de ce 05 septembre sur les enjeux de cette célébration et la nécessité pour les civils de rendre les armes illicites aux autorités.

David Soklou