Disparités entre les genres : l’Afrique noire facturée à 95 milliards de...

Disparités entre les genres : l’Afrique noire facturée à 95 milliards de dollars US par an

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Disparités entre les genres
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Les disparités entre les genres coûtent quelques 95 milliards de dollars US par an en moyenne à l’Afrique subsaharienne et ont culminé à 105 milliards de dollars de pertes en 2014 (soit 6 % du PIB régional), compromettant de ce fait les efforts du continent en faveur d’un développement humain et d’une croissance économique inclusifs. C’est ce qui ressort du nouveau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) intitulé « Le développement humain en Afrique 2016 : Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique », rendu public le 28 août 2016.

Ce rapport analyse les facteurs politiques, économiques et sociaux qui entravent la promotion de la femme en Afrique et propose des politiques et des mesures concrètes pour combler l’écart entre les genres. Pour le PNUD, il s’agit notamment de corriger la contradiction entre la législation et la pratique afin de passer d’une égalité des genres juridique à une égalité de fait, de rompre avec les normes sociales préjudiciables aux femmes et de transformer les cadres institutionnels discriminatoires, en vue de garantir la participation économique, sociale et politique des femmes.

D’après le rapport, une augmentation de 1 % de l’indice d’inégalité de genre contribuerait à réduire l’indice de développement humain (IDH) d’un pays de 0,75 %. « Si l’on parvient à combler les écarts entre les hommes et les femmes sur le marché du travail, dans l’éducation, dans la santé et dans d’autres domaines, alors il sera possible d’accélérer l’éradication de la pauvreté et de la faim », a déclaré l’Administrateur du PNUD Helen Clark au cours de la cérémonie de lancement du rapport.

« Si les disparités actuelles entre les genres persistent, les objectifs de développement durable et l’Agenda 2063 de l’Union africaine resteront un vœu pieu et ne pourront pas se concrétiser », souligne le Directeur du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD, Abdoulaye Mar Dieye. Il ajoute que « combler cet écart entre hommes et femmes mettrait non seulement l’Afrique sur la voie d’une croissance économique à deux chiffres, mais contribuerait également de façon décisive à la réalisation de ses objectifs de développement ».

Le rapport propose à cet effet quatre axes stratégiques pour renforcer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes : l’adoption de réformes juridiques, le renforcement des capacités nationales en vue d’accélérer l’implication des femmes dans la prise de décisions, l’adoption d’approches multisectorielles destinées à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, et l’accélération de l’accès des femmes aux droits de propriété et de gestion des ressources.

David SOKLOU