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Lac Nangbéto : La production halieutique passe de 600 tonnes à 3200 tonnes entre en 2012 et 2019

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Le Plan de gestion de la pêcherie continentale mis en oeuvre par le Projet d’appui au secteur agricole (PASA) porte déjà bien ses fruits.

Ce plan a permis au lac Nangbéto dans la région des plateaux, d’accroître ses capacités de production. Les informations du ministère en charge de la production halieutique font état de ce que sur cette retenue d’eau, la production halieutique est passée de 600 tonnes à 3200 tonnes entre 2012 et 2019.

L’opérationnalisation de ce Plan initié élaboré et adopté en 2013 par le gouvernement  togolais et financé par la Banque mondiale a notamment permis au lac de Nangbéto (18 000 hectares) de se réglementer aux normes des pêcheries continentales.

« Avant l’élaboration du plan de gestion, il n’y avait aucune loi. Nous utilisons les engins prohibés pour la pêche comme les filets à petites mailles. Et ces petites mailles prenaient les petits poissons, même les œufs des poissons, ce qui appauvrissait le lac », regrette  Latif Abdou, pêcheur surveillant au lac de Nangbéto ».

Ces mauvaises pratiques de pêche avaient bien malheureusement entrainé la disparition des espèces halieutiques avec pour conséquence, des rendements faibles en termes de prises de poissons.

Mais, depuis quelques années, les choses ont changé, et en bien. Des comités de zones et un comité intercommunautaire ont été mis en place avec la participation des acteurs de l’administration publique, les pêcheurs, les femmes mareyeuses et les transformatrices de poissons.

Plusieurs autres activités ont été menées dans le cadre de ce plan de gestion des pêcheries du lac de Nangbéto. Les principales activités menées portent notamment sur : la mise en place des comités de gestion, des réunions d’échanges et de concertation entre les parties prenantes, l’organisation des patrouilles de surveillance des activités de pêche, la distribution des nappes de filets de pêche réglementaires aux pêcheurs, la construction des fours améliorés aux transformatrices de poissons, la formation en bonne pratique d’hygiène, de traitement, de conservation et de transformation de poisson, le suivi médical des fumeuses de poissons, l’analyses des poissons fumés issus des fours améliorés construits et la distribution des géniteurs de volailles aux ménages de pêcheurs.

A ce jour, près de 50% des pêcheurs ont abandonné les mauvaises pratiques et sollicitent leurs permis de pêche. Le nombre des infractions a aussi beaucoup diminué au fil des ans.

Par ailleurs, des activités génératrices de revenus ont été créées pour les riverains avec l’augmentation de la production et la qualité des poissons.

En dehors de Nangbéto, le projet a aussi permis de mieux organiser la gestion de deux autres plans de gestion des pêcheries continentales notamment le barrage de Koumfab à Dapaong (400 hectares) élaboré et adopté en 2014 et le système lagunaire en 2015.

Il faut souligner ces plans s’articulent autour de quatre axes stratégiques : la préservation et l’exploitation durable des ressources halieutiques, l’amélioration des moyens d’existence des communautés, la valorisation des produits de la pêche et le renforcement du cadre juridique et institutionnel.

Cris DADA