L’ANC, la C14 et le CAR se retirent de la réunion du...

L’ANC, la C14 et le CAR se retirent de la réunion du comité de suivi du processus électoral

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Vue partielle à l’ouverture des travaux (©TBN)
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L’Alliance nationale pour le changement (ANC), la coalition de l’opposition (C14) et le Comité d’action pour le renouveau (CAR) se sont retirés des travaux de la réunion du comité de suivi du processus électoral qui se déroulait mardi dans les locaux du ministère de l’administration territoriale à Lomé.

Les responsables de ces partis estiment que l’ordre du jour de ce cadre de discussion avec le gouvernement y compris d’autres acteurs impliqués dans le processus électoral notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI), la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) ou encore le Ministère en charge de la sécurité, ne répondant pas à leur attente.

Cette réunion avait en effet pour objectif de permettre aux partenaires politiques de partager les informations sur la préparation de la prochaine élection présidentielle de 2020. Certains partis de l’opposition présents (ANC, CAR et C14), avaient notamment souhaité que la réunion intègre dans son ordre du jour, la discussion sur des sujets qui les préoccupent et qui ont déjà été exprimés en vue de l’amélioration du processus électoral.

« En réponse aux préoccupations de bon sens soulevées par la C14, l’ANC et le CAR, le Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales a décidé unilatéralement que l’ordre du jour sera suivi tel quel sans aucune modification », a indiqué la coordinatrice de la C14, Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson.

« Nous avons compris qu’on ne nous donne aucune opportunité d’influencer le processus, de poser les problèmes que nous avons, dans le souci de contribuer à un scrutin qui soit apaisé et dont le résultat soit accepté par tous », a-t-elle ajouté, précisant tout de même que la coalition est prête à répondre à toute initiative pour discuter des préoccupations auxquelles elle tient dans un souci de contribuer à un scrutin dont les résultats seront acceptés par tous.

« Ce qu’on aurait souhaité entendre, c’est la prise en compte des préoccupations des partis politiques. Contrairement, on veut nous faire écouter les exposés de la CENI, de la HAAC et des forces de sécurité. Cela n’ira pas dans le cadre de l’amélioration du cadre électoral. On voit très bien où ils veulent aller », a pour sa part déploré Jean Pierre Fabre, Président national de l’ANC.

Intervenant au nom de sa délégation, le Président national du CAR Me Yawovi Agboyibo s’est dit quant à lui étonné que « dans l’ordre du jour d’une réunion d’un tel niveau de composition, il ne soit inscrit l’examen d’aucune des revendications que les partis d’opposition et les organisations de la société civile ont formulées au sujet des conditions de transparence et d’équité du scrutin en question, notamment à propos de la composition de la CENI et de ses démembrements, de la HAAC et de la Cour constitutionnelle ».

Il faut souligner que d’autres partis de l’opposition notamment l’Union des forces de changement (UFC), le Nouvel engagement togolais (NET), le Parti Démocratique Panafricain (PDP), le Mouvement patriotique pour le développement et la démocratie (MPDD), Mouvement des Républicains Centristes (MRC) ont également assisté à la réunion de même que le parti au pouvoir, Union pour la République (UNIR).

Pour sa part, le secrétaire exécutif du parti UNIR, Aklesso Atcholé s’est dit rassuré de l’évolution des préparatifs pour le prochain scrutin présidentiel. « Nous serons dans les délais pour la tenue de ces élections », a-t-il fait savoir.

Il faut relever qu’à quelques mois de la présidentielle de 2020, le débat sur l’amélioration du cadre électoral se pose davantage avec acuité. L’opposition veut voir clair dans la conduite du processus électoral, alors que la CENI annonce le démarrage, le 29 novembre prochain, des révisions des listes électorales. Selon la Cour Constitutionnelle, le premier tour du scrutin aura lieu entre le 19 février et le 5 mars 2020.

La transparence et la crédibilité, ce sont là les préoccupations de l’opposition. Des voix se sont élevées dans ce sens ces derniers jours pour réclamer des discussions avec le pouvoir de Faure Gnassingbé dans le souci de garantir les conditions d’une élection transparente et démocratique. Lesquelles conditions concernent entre autres, l’édition d’un nouveau fichier électoral fiable, l’authentification des bulletins de vote, une recomposition de la CENI (et ses démembrements) et de la Cour constitutionnelle.

David S.