Les Evêques évoquent les conditions d’une paix et d’une démocratie florissante au...

Les Evêques évoquent les conditions d’une paix et d’une démocratie florissante au Togo

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Une image des Évêques du Togo
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A l’issue de sa deuxième session ordinaire de l’année tenue cette semaine à Lomé, la Conférence des Évêques du Togo s’est prononcée dans un communiqué publié vendredi, sur divers sujets au rang desquels, la situation sociopolitique et l’insécurité que traverse actuellement le pays.

Au sujet de la situation sociopolitique, les Evêques ont indiqué avoir observé avec regret qu’à l’image des autres élections qu’a connues le Togo, celle de février 2020 a été marquée par de nombreuses irrégularités qui ont plongé le pays dans un mouvement prévisible de contestation dès la proclamation des résultats.

Pour la Conférence des Évêques du Togo, sans une sérieuse réforme du cadre électoral en vue d’une d’élection libre, transparente, crédible et paisible, la démocratie ne peut pas réellement fleurir dans le pays.

« Tant que la vie sociopolitique sera dominée par l’armée, que les pouvoirs législatif et judiciaire ne seront pas réellement indépendants, tant que la corruption et l’impunité continueront de prospérer sur la terre de nos aïeux, les tensions ne pourront pas réellement s’apaiser », soulignent les Évêques dans le communiqué.

« Tant que le mensonge sera utilisé en particulier dans les médias et sur les réseaux sociaux comme stratégie de déstabilisation des personnes et des institutions, tant que la ruse sera employée comme moyen de conquête et de conservation de pouvoir, enfin, tant que la violence ne sera pas condamnée et enrayée, les auteurs et les commanditaires sanctionnés, les remous politiques seront inévitables dans notre pays », préviennent les prélats.

Les Évêques ont en outre exprimé leur vive préoccupation et inquiétude au regard du climat d’insécurité qui règne actuellement dans le pays, avec son cortège de morts, de veuves, d’orphelins et de misère.

« Les assassinats de ces derniers mois tirent la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation. Aucune catégorie sociale ne semble être épargnée », soulignent-ils, évoquant au passage l’assassinat du père de famille abattu dans la nuit du 22 au 23 avril dernier à Adakpamé, ceux du commandant de la Brigade d’intervention rapide (BIR), et du jeune laveur de voiture tué en plein jour à Lomé par des forces de sécurité.

« Tous ces meurtres et autres formes de violences montrent qu’aucun Togolais, quels que soient son rang et le lieu où il se trouve, n’est vraiment en sécurité. La situation est aggravée par le sentiment d’impunité dont bénéficient les auteurs de ces forfaits qui agissent parfois à visage découvert, et par des pressions psychologiques et morales parfois infligées aux parents et aux proches des victimes, ainsi que par des tentatives de corruption pour leur faire accepter l’inacceptable », font-ils savoir, tout en exhortant à continuer de prier pour la paix au Togo.

David S.