L’opposition exprime ses préoccupations aux émissaires de l’ONU et de la CEDEAO

L’opposition exprime ses préoccupations aux émissaires de l’ONU et de la CEDEAO

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Gerry Taama, Jean Pierre Fabre et Yawovi Agboyibo
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Dans l’objectif de convenir du type d’appui que les Nations Unies et la Commission de la CEDEAO pourraient apporter au processus électoral en cours au Togo dans la perspective de la présidentielle de 2020, une mission conjointe des deux institutions a échangé en début de semaine avec des responsables des partis politiques à Lomé.

Conduite par le Dr Mohamed Ibn CHAMBAS, représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel, la mission a échangé avec les autorités togolaises, des partenaires en développement de même que les partis politiques UNIR, UFC, le groupe NET-PDP, l’ANC et le CAR.

L’Alliance nationale pour le changement (ANC, opposition) a saisi l’occasion de sa rencontre avec la mission pour lui soumettre un « mémorandum » en faveur de l’amélioration du cadre électoral au Togo.

Les points saillants évoqués dans ce document concernent notamment : le recensement électoral pour un fichier transparent, la participation équitable de l’opposition représentative à la CENI et ses démembrements, la recomposition de la Cour Constitutionnelle, l’authentification du bulletin de vote, la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, l’observation internationale des élections « dont la mission n’est pas de se transformer en une Cour Constitutionnelle internationale qui valide les résultats avant leur proclamation ».

Autres préoccupations de l’ANC, la loi sur le vote de la diaspora qui dit-il, ne permet pas à l’ensemble des togolais de l’étranger de prendre effectivement part au scrutin présidentiel de 2020 de même que la loi sur les manifestations publiques qui au regard du parti de Jean Pierre Fabre, viole les droits de l’homme et le principe de la libre expression des populations.

Le groupe parlementaire NET-PDP a pour sa part soulevé à la mission ONU-CEDEAO, les faiblesses du cadre électoral et les voies à y remédier. « Les points soulevés par notre délégation ont eu trait au cadre institutionnel (CENI, Cour constitutionnelle…), au contexte sécuritaire et à l’organisation des élections proprement dites », a indiqué Gerry Taama, président du groupe parlementaire NET-PDP.

« Ibn Chambas sait que ce qui se passe au Togo est d’une gravité exceptionnelle. D’élection en élection nous continuons à nous battre pour changer le système. A la veille de la présidentielle, tout est fait pour que la volonté exprimée par le peuple ne soit pas reflétée. Nous n’avons pas manqué de lui dire », a pour sa part indiqué Yawovi Agboyibo, le président du Comité d’action pour le renouveau (CAR, opposition) au micro de nos confrères de Victoire Fm.

La mission a quitté Lomé avec la promesse de rendre compte des conclusions des échanges au Président de la Commission de la CEDEAO Jean Claude Kasso Brou et au Secrétaire général l’ONU, Antonio Guterres.

David S.