Systèmes financiers décentralisés : Des chefs d’Agence en formation à Kpalimé

Des chefs d’Agence des Systèmes financiers décentralisés ont entamé ce mercredi 27 janvier à Kpalimé, une session de formation de trois jours qui devra leur permettre de mieux maîtriser les contours de leur métier.

Initiée par l’Association Professionnelle des Systèmes Financiers Décentralisés (APSFD-Togo),  cette formation connaît la participation des chefs d’Agence venus de Lomé, de Dapaong, d’Afagnan, d’Atakpamé et de Kpalimé.

Il s’agit pour les participants de maîtriser les missions d’un chef d’Agence (participer à la définition des objectifs de l’institution et s’assurer de sa cohérence avec le marché de l’agence,  définir le plan d’action commercial et organiser l’équipe pour l’atteinte des objectifs et de manager,  animer son équipe et contrôler les activités de crédit,  d’épargne,  de comptabilité, de caisse, de  fonctionnement logistique et matériel entre autres.

La formation permettra aussi de donner aux agents, les connaissances et les outils qui leurs permettront d’organiser des formations en éducation financière pour les clients,  de gérer son agenda,  évaluer les collaborateurs et comprendre les avantages liés à la digitalisation ainsi que les options stratégiques disponibles pour les SFD.

« Nous avons constaté que le secteur de la microfinance au Togo a évolué et il y a eu aussi des mutations profondes dans le secteur. Dans cette perspective,  il va falloir accompagner les différents acteurs dans ce processus »,  a souligné Léon AMETOWOYONA, animateur de la session de formation.

« Les chefs d’Agences sont des acteurs majeurs dans notre secteur,  parce qu’ils encadrent une équipe,  gèrent et développent des activités. Raison pour laquelle,  il est important de renforcer leur capacité pour qu’ils soient mieux outillés pour mieux réussir leur mission »,  a-t-il expliqué.

Le formateur a indiqué que les chefs d’Agence doivent tout faire être les chevilles ouvrières de l’institution : relancer la production,  dégager des produits et renforcer les capacités de ces institutions.

Cette formation, conclu M. AMETOWOYONA,  permettra d’augmenter les compétences des chefs d’Agence et de professionnaliser de plus en plus le secteur.

Malgré les avancées obtenues dans le secteur de la microfinance au Togo,  beaucoup de défis restent en effet à relever.

Ces défis selon Mme Clémentine KOUTOGLO (porte parole des participants), est de renforcer les compétences des acteurs de la microfinance,  notamment les chefs d’Agences,  réaliser les objectifs assignés pour l’année 2020,  rentabiliser les affaires et de mieux suivre la clientèle.

Soulignons que cette formation porte sur plusieurs modules tels que la mission d’un chef d’Agence,  le développement des activités,  le contrôle et supervision des acteurs,  le management de l’équipe.

De Kpalimé,  Mensah ASSOGBAGUE




PSAEG : la méthodologie « AVEC » pour accompagner les groupements de femmes dans les Savanes

A travers le Programme de soutien aux activités économiques des groupements (PSAEG), l’Agence nationale d’appui au développement à la base (ANADEB) accompagne sur toute l’étendue du territoire nationale des groupements, des unions de groupement et des fédérations qui pour la plupart éprouvent des difficultés dans leur quête de financement pour développer leurs activités génératrices de revenus. Dans les savanes, l’Antenne régionale de l’Agence s’est proposée d’expérimenter une méthodologie dénommée « AVEC » (Association Villageoise d’Epargne et de Crédit). Objectif, réduire considérablement les difficultés que rencontrent ces groupements de femmes et toucher davantage de femmes plus vulnérables de la région.

Le but primaire d’une AVEC est en effet de proposer une possibilité d’épargne et de crédit simple, dans une communauté qui n’a pas accès à des services financiers formels. Ces prêts peuvent aussi constituer une sorte d’assurance pour les membres grâce à une Caisse de solidarité qui propose des prêts de faible montant, mais d’une grande importance, ainsi que des crédits (sans frais ni intérêts) aux membres en difficultés.

En effet, même avec la révolution de la micro finance dans de nombreuses zones rurales et dans les bidonvilles urbains, les populations, notamment celles qui sont très pauvres, ont toujours du mal à accéder à des produits de micro finance appropriés.

Même là où les Institutions de micro finance (IMF) ont été autorisées à mobiliser les dépôts du public et où elles ont effectué un travail de terrain significatif, elles peinent souvent à proposer des produits adaptés aux besoins en micro-capital et aux revenus irréguliers de nombre de leurs clients les plus pauvres, lesquels sont souvent obligés de réemprunter auprès de sources informelles pour s’acquitter de leurs obligations de remboursement.

Les Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit constituent donc un outil complémentaire des IMF, car elles ont plutôt tendance à servir les plus pauvres, tout en proposant par ailleurs des services utiles aux membres de la communauté dont la situation économique est plus stable.

Par ailleurs, les AVEC permettent à des personnes, même dans des zones reculées ou pauvres, de mobiliser des capitaux locaux peu importants, à des conditions très souples, tout en autorisant des transactions fréquentes. Ceci permet de surmonter les difficultés liées à la pérennité, au coût élevé des transactions, à l’absence de familiarité des clients avec le personnel de l’institution et aux faibles incitations à épargner.

Méthodologie de fonctionnement

Composée de 10 à 25 membres au maximum, une « AVEC » est formée de membres auto-choisis, qui épargnent leur argent sous forme de parts. Cette épargne est collectée dans un Fonds de crédit qui leur permet d’emprunter des sommes qu’ils remboursent, augmentées de frais.

Toutes les transactions sont effectuées pendant les réunions, en présence de tous les membres de l’Association, pour assurer la transparence et la responsabilité. Le cycle de l’épargne et du prêt est limité dans le temps. A la fin de la période convenue (« cycle »), l’épargne accumulée et les gains que représentent les frais sont répartis entre les membres, proportionnellement au montant épargné par chacun pendant le cycle

Toutes les Associations créent une Caisse de Solidarité. Elles conviennent d’une cotisation fixe et régulière due par tous les membres à une Caisse de Solidarité. Cette Caisse peut répondre à un certain nombre d’objectifs : aide d’urgence, frais d’éducation des orphelins et frais funéraires

Quiconque a besoin d’un prêt ou d’un crédit de la Caisse de Solidarité doit en faire publiquement la demande à l’Assemblée Générale. A la fin du cycle de fonctionnement, l’Association répartit la valeur totale de ses actifs financiers entre ses membres (la Caisse de Solidarité n’est pas partagée).

Accompagnement de l’ANADEB

Sur le terrain, les agents de l’ANADEB jouent le rôle de facilitateurs. En effet, ces agents assurent la stabilité de l’Association en aidant les participants à s’organiser et à augmenter leurs propres ressources par le biais d’une AVEC.

Leur principal objectif est de sensibiliser les participants et de renforcer leur confiance, pour qu’ils apprennent le fonctionnement du système, l’utilisent correctement et épargnent activement pour le développement de leurs activités génératrices de revenus.

L’ANADEB accompagne actuellement 137 Groupements économiques (GE) sur le plan national dont 29 dans la région des Savanes avec un effectif total de 721 membres dont 19 hommes. Le montant total mobilisé sur le plan régional est de 15 668 955 F CFA dont 8 841 900 F CFA de crédits octroyés aux membres.

Il faut rappeler que le Projet de soutien aux activités économiques des groupements (PSAEG) exécuté par l’ANADEB, a pour objectif global de contribuer à l’amélioration des revenus des membres des  groupements ruraux et au développement des emplois ruraux dans les villages d’implantation desdits groupements.

Le projet vise également à promouvoir l’auto-emploi des jeunes à travers la rationalisation des activités de production, de transformation et de commercialisation de plantes à racines et tubercules dans les zones agro écologiquement favorables à ces cultures. Il cible les groupements ruraux évoluant dans le domaine de l’agriculture, l’élevage, la transformation et la commercialisation.

David S.




Togo/ Micro finance : l’UMECTO se veut plus compétitive sur le marché national

L’Union des mutuelles d’épargne et de crédits du Togo (UMECTO) veut être plus présente sur le marché de la micro finance. L’institution tient depuis lundi à Atakpamé dans la préfecture de l’Ogou, un atelier avec des membres de son personnel. Objectif, valider les propositions des principaux acteurs de l’exploitation sur les produits et services avec pour but de rendre l’Union plus compétitive.

Les travaux s’inscrivent dans le cadre du plan d’action opérationnel 2020 de l’institution. Il est question pour les responsables de ce réseau de finaliser les rendus de la commission exploitation dont les travaux ont eu lieu en mars 2019, et d’y intégrer l’approche innovation technologique et création de nouveaux produits.

Il s’agira non seulement d’amender la politique d’épargne et celle de crédit mais aussi de rendre les produits d’épargne et de crédit plus attractifs. Egalement réorganiser la fonction recouvrement pour plus de résultat. Pendant cinq jours, les séminaristes auront à valider des propositions de modifications au cours des travaux en commission suivis de débats en plénière.

Le Directeur Général de l’UMECT0 M. Sossou Ségla a à l’ouverture des travaux indiqué que cette rencontre leur permettra de revisiter les textes de production pour voir dans quelles mesures ils seront plus présents avec un dynamisme sans précédent en matière d’épargne et de crédits. Pour lui c’est une opportunité qui s’offre à eux pour devenir compétitif, rayonnant et visible.

Pour rappel, UMECTO est un réseau d’institutions de micro finance crée il y a 25 ans pour offrir des services financiers aux populations et aider les plus démunis à sortir de la précarité.

Composée de huit mutuelles avec 23 agences sur tout le territoire national, son siège est basé à Lomé.  Avec un encours de crédits et d’épargne très élevé, UMECTO a souscrit au fonds de  garantie de l’UEMOA qui garantit les épargnes des membres.

Depuis Atakpamé, Evrard NOMANYO