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Togo : Les femmes rurales veulent saisir l’opportunité des ZAAP pour mieux accéder au foncier

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Photo de famille des participants au dialogue
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Au Togo, les femmes rurales ne baissent pas les bras dans leur lutte pour plus d’accès à la terre, un important facteur de production agricole. Diverses initiatives sont prises dans ce sens à l’image du dialogue national organisé ce 28 octobre 2022 à Lomé par le collège des femmes de la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles (CTOP).

« Saisir l’opportunité des Zones d’aménagement agricole planifiées (ZAAP) pour ne pas laisser les femmes rurales togolaises de côté face au foncier » : c’est la thématique au centre de cette rencontre qui a permis d’échanger au sujet des conditions à mettre en place pour une installation effective des femmes sur les ZAAP.

Selon le président de la CTOP Ayéfoumi Salif Olou-Adara, l’idée est de contribuer à renforcer les conditions pour un accès effectif des femmes au foncier sur les ZAAP conformément aux orientations de la feuille de route gouvernementale Togo-2025 pour une amélioration de leurs revenus.

En effet, cette feuille de route prévoit pour ce qui est du secteur agricole, la mise en place de 100 zones d’aménagement agricole planifiées d’une superficie minimum de 100 hectares chacune dans tous les cantons des 05 régions économiques du pays d’ici 2025. Il est prévu dans cette dynamique que 40 % des bénéficiaires de ces zones soient des femmes et des jeunes.

Mme Colette Nakpergou, vice-présidente du collège des femmes de la CTOP

« Au niveau des femmes rurales, le premier moyen de production est le foncier et sans le foncier, nous ne pouvons pas produire. Pour cela, nous nous organisons pour pouvoir avoir ce foncier. Vous savez que le foncier s’hérite en grande partie dans notre pays et que dans d’autres contrées, la femme n’a pas accès à cet héritage là. Mais nous passons par des négociations avec nos maris et nos frères qui ont le monopole de ce foncier pour qu’ils puissent nous en donner », nous a expliqué Mme Colette Nakpergou, vice-présidente du collège des femmes de la CTOP.

« La majeure partie de nous les productrices, beaucoup n’ont pas de moyens pour pouvoir acheter la terre et c’est devenu un problème essentiel pour l’épanouissement des femmes rurales parce qu’elles doivent aussi cultiver pour pouvoir se prendre en  charge », a-t-elle ajouté.

Ce dialogue national s’inscrit dans le cadre de la célébration de l’édition 2022 de la journée internationale de la femme rurale observée le 15 octobre de chaque année. Une journée qui permet aux femmes rurales du monde entier de faire valoir leur rôle et de plaider en faveur de l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Il faut souligner que l’économie togolaise repose essentiellement sur l’agriculture (41 % du PIB). Le secteur emploie à lui seul 60 % de la population active du pays, dont les ¾ sont des femmes qui interviennent activement sur l’ensemble des chaînes de valeurs agricoles.

David Soklou