Togo/ Nouvelle journée de tension avec de violents affrontements à Lomé

Togo/ Nouvelle journée de tension avec de violents affrontements à Lomé

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Face à face entre manifestants et forces de l'ordre
Face à face entre manifestants et forces de l'ordre
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La crise sociopolitique est en train de prendre une allure très inquiétante au Togo. Une nouvelle manifestation de l’opposition ce mercredi a été très vite transformée en de violentes scènes d’affrontements entre les jeunes visiblement très déterminés et les forces de l’ordre dans plusieurs quartiers de Lomé, avec des duels entre jets de pierres et gaz lacrymogènes.

La capitale togolaise a fortement tourné au ralenti ce mercredi. Déjà tôt le matin, les points de rassemblement des manifestants de l’opposition ont été bouclés par des forces de l’ordre. Du coup, tout attroupement ou rassemblement est très rapidement dispersé à coup de gaz lacrymogènes par les forces de sécurité qui ont presque envahi tous les quartiers de la ville notamment Bè, Doumasséssé, Agoè-Nyivé, Agoè-Zongo et Adidogomé entre autres.

En réponse, et pour exprimer leur colère et mécontentement, les manifestants tentent vaille que vaille de bloquer les principales rues de la ville en posant des barricades et en brûlant des pneus sur les voies, créant ainsi une psychose au sein de la population.

Ce qui s’apparente à un bras de fer entre l’opposition et le pouvoir en place commence par inquiéter davantage les togolais. « Je prie Dieu que les acteurs politiques puissent mettre fin à tout ce que nous sommes en train d’assister actuellement. Je n’ai pas ouvert ma boutique aujourd’hui car je ne sais pas ce qui peut arriver (…) ; il y a la peur partout ; Nous n’avons que besoin de la paix pour vaquer à nos occupations et faire nos affaires. Franchement il faut que les uns et les autres puissent se retrouver autour d’une table de discussion pour en finir avec cette crise », nous a confié Isidore, un commerçant rencontré à Agoè Nyivé dans la banlieue nord de la ville.

L’ambiance est toujours morose dans la ville. Le bilan établi par le ministère de la sécurité et de la protection civile fait état de quatre personnes décédées dont un à Lomé (un élève de 11 ans en classe de 6ème) et trois à Sokodé, plusieurs blessés aussi bien parmi les civils que dans les forces de l’ordre et plus d’une cinquantaine d’interpellation.

Il faut souligner que les manifestations de ce mercredi de même que celles programmées sur demain jeudi avaient été interdites par le Gouvernement. La semaine dernière en effet, le ministère de la sécurité et celui de l’administration territoriale ont interdit des manifestations politiques en semaine au Togo. Une décision que la coalition des 14 partis politiques de l’opposition a balayé du revers de la main en maintenant sa volonté de manifester les jours ouvrables.

Pour rappel, l’opposition réclame des réformes politiques parmi lesquelles le retour à la Constitution originelle de 1992 avec ses conséquences, la révision du cadre électoral y compris le vote des togolais de l’étranger, le déverrouillage des Institutions de la République. Le Gouvernement avait entre temps introduit une proposition de révision constitutionnelle qui a été votée par les députés de la majorité à l’Assemblée nationale. Le texte prévoit notamment la limitation du mandat présidentiel de même que des élections à deux tours. Une initiative jugée insuffisante par l’opposition qui compte maintenir à travers les manifestations, la pression sur le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Cris DADA