Togo/ Les réactions de l’opposition à la suite des manifestations du PNP

Togo/ Les réactions de l’opposition à la suite des manifestations du PNP

SHARE
Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition
Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition

Plusieurs partis de l’opposition togolaise sont montés au créneau pour exprimer leur point de vue à la suite des manifestations de rue organisées le 19 août dernier par le Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam.

Tout en s’inclinant devant la mémoire des personnes décédées et présentant ses condoléances aux familles endeuillées et une prompte guérison aux blessés, l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) estime que ces violences sont « soigneusement préparées par le régime RPT/UNIR  et annoncées sous forme de menaces par le ministre de l’Administration territoriale et celui de la Sécurité, comme seules réponses aux revendications légitimes des populations ».

Le parti de Jean Pierre Fabre, chef de file de l’opposition, a par ailleurs exprimé sa vive préoccupation face à la situation qui prévaut sur toute l’étendue du territoire national. Elle demande à cet effet aux populations togolaises de « se tenir prêtes pour répondre massivement à l’appel prochain des forces démocratiques pour mettre définitivement fin à ce régime (le pouvoir en place, ndlr) qui reste désormais une curiosité en Afrique ».

Même son de cloche au niveau de la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA) qui a condamné « avec rigueur », la répression qu’elle qualifie « sauvage » de la marche de samedi dernier. Pour les responsables de la CDPA, c’est le Chef de l’Etat qui est responsable de cette « violence annoncée ». Faure Gnassingbé (Président de la République et chef des armées) est à cet effet exhorté par Mme Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson et les siens, à prendre des mesures idoines pour « empêcher les velléités de représailles corporatistes, sur des populations aux mains nues » et demande au gouvernement, la libération des personnes arrêtées à l’issue de la marche.

Du côté du Nouvel Engagement Togolais (NET), l’on pense que les Togolais qui ont envahi la rue lors des manifestations synchronisées de samedi dans plusieurs villes du pays « n’étaient pas uniquement des militants du PNP, mais surtout des citoyens poussés par une irrésistible envie de plus de justice, de plus de démocratie, de plus d’écoute ».

Dans un communiqué rendu public, le président du NET demande au Gouvernement de prendre les mesures urgentes de désescalade, afin que le tissu national soit préservé. « Les questions qui enlisent le débat politique depuis plusieurs années, devraient par conséquent trouver dans les meilleurs délais, des débuts de résolutions, conformément aux recommandations de la CVJR. L’atelier organisé par le HCRRUN en juillet 2016 a largement montré que les réformes pouvaient se faire dans de cours délais, pour peu que l’exécutif en exprime la volonté », explique Gery Taama, félicitant au passage, le PNP pour la justesse de son initiative.

En outre, le parti a invité toutes les forces démocratiques du pays à unir leurs forces pour accompagner ce qu’elle appelle « lame de fond », tout en préservant l’unité nationale, le respect des forces de défense et l’observation des lois de la République. « Aussi parait-il important, après une telle journée chargée d’émotions et de leçons, de prendre du recul afin de préparer, en concertation avec toutes les forces démocratiques engagées, de futures manifestations qui démontreront encore la détermination de nos populations », a ajouté le président du NET.

En rappel, ces manifestations sont organisées pour exiger des réformes politiques qui prennent en compte la limitation du mandat présidentiel, les élections à deux tours, de même que l’effectivité du vote de la diaspora entre autres. En termes de bilan, les marches du 19 août avaient fait deux morts, des dizaines de blessés civils et au niveau des forces de l’ordre, et d’importants dégâts matériels.

Cris DADA